Fermeture des voies sur berges de la Seine à Paris

2010 SG 155 — Approbation des objectifs poursuivis et des modalités de la concertation préalable
PROJET DE DÉLIBÉRATION
EXPOSÉ DES MOTIFS

Mesdames, Messieurs,
La Seine est la ligne de vie de Paris. C’est autour d’elle, et à partir d’elle, que la ville s’est construite. Et elle représente un paysage urbain exceptionnel, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco,
classé corridor écologique d’intérêt national.

La Seine est donc un peu plus qu’un fleuve. Elle est un élément fédérateur et fondamental de l’agglomération parisienne. Elle est la donnée naturelle à partir de laquelle se construit la culture métropolitaine. Pour reprendre l’expression de Paul Chemetoff, « la Seine est un pays, mais c’est aussi un paysage tout en longueur qui s’étend le long des berges, un territoire de marges, une limite intérieure, une parenthèse dans Paris et dans les communes que la Seine limite ou traverse ».

Pour autant, les berges ne sont pas accessibles partout : sur les 26 km de bords de fleuve parisien, 7 km restent le domaine exclusif de l’automobile. La longue coupure entre les quartiers et le fleuve concerne la
partie centrale réservée aux voies sur berge. Certains quais hauts sont parfois difficilement franchissables.
Un tiers des flux qui passent sur la voie sur berges Georges Pompidou sont des véhicules en pur transit
(véhicules qui traversent Paris sans s'y arrêter).

L’objectif de notre projet est de mettre un terme à cette situation indigne d’un tel site. Il s’adresse à tous : aux Parisiens mais aussi à tous les habitants de la métropole, aux touristes comme aux riverains. Son
ambition est de laisser s’exprimer une envie de vivre ensemble et une volonté de dessiner un nouveau visage pour la ville du XXIe siècle en retrouvant ce site incomparable.

Pour des raisons culturelles, sociales, géographiques, économiques, esthétiques, les bords de la Seine, dans la capitale, sont donc un joyau à reconquérir, à préserver et à développer. C’est l’enjeu de cette délibération que de lancer ce projet.

Les objectifs poursuivis

Le projet d’aménagement a pour ambition la reconquête et l’embellissement du site dans sa partie historique; il s’agit de rendre les berges à tous les amoureux de Paris. Nous viserons quatre objectifs : développer et diversifier les usages, valoriser ce grand paysage porteur de l’identité de Paris, renforcer la continuité écologique de la Seine et ses abords, restituer les quais à tous les usagers (piétons, cyclistes…).

Les aménagements des voies sur berges doivent également permettre de créer un nouveau rapport au fleuve, en lui redonnant de la visibilité et en le faisant vivre à travers des animations prenant en compte toute sa dimension. La Seine n’est pas un simple décor, mais la colonne vertébrale d’un éco­système particulier, un fleuve dont l’usage doit être au cœur des projets et activités proposés comme elle est le cœur de notre ville.

Cette reconquête, qui se veut progressive, concerne le tronçon du cœur de Paris réservé aujourd’hui aux voies sur berges. Les aménagements réalisés permettront de faciliter les accès au fleuve et de mieux relier les deux rives sur un parcours très fréquenté, d’ouvrir de nouveaux espaces, de proposer de nouvelles activités complémentaires à celles qui existent déjà et notamment les fonctions portuaires et industrielles.
L’intégration d’espaces végétalisés adaptés renforcera les habitats naturels favorables au vivant dans la ville.

Ce projet est de plus en cohérence avec la valorisation de la vallée de la Seine fixée comme l’un des objectifs résultant du colloque inaugural tenu le 4 mai au Havre sur le thème « Paris, Rouen, le Havre, une Seine d’avenir ».

Inscrite dans la vallée de la Seine, Paris est dans un site géographique qui dépasse ses propres limites. Le projet des berges relève un enjeu pleinement métropolitain. Il constituera l’initiative parisienne portée dans le cadre de l’appel à initiatives que Paris Métropole a lancé le 31 mai. La Seine est un territoire stratégique pour toute la Métropole ; l’ambition de ce projet entre en écho avec les démarches engagées par de nombreuses collectivités de la métropole. Conformement à l’esprit de cet appel à initiatives, des échanges et des travaux seront menés avec les membres de Paris Métropole afin notamment de confronter l’initiative parisienne avec celles menées par les collectivités qui entreprennent de renouer le lien entre la Ville et les voies d’eau (Seine, Marne, canaux) en vue d’un enrichissement réciproque de ces projets. Ce travail mené en parallèle et en cohérence, bien entendu, avec le processus de concertation réglementaire décrit en II de l’exposé des motifs, ne fait pas partie juridiquement de ce processus.

La Seine n’est pas seulement un fleuve, mais un territoire partagé ; son évolution constitue un programme ambitieux dans lequel plusieurs villes apportent leurs contributions. Rendre accessibles les bords de fleuve, renforcer le corridor de biodiversité, aménager les activités portuaires, développer le transport fluvial, créer de nouveaux usages sont autant d’évolutions pour que la Seine retrouve un rôle majeur au service d’une métropole durable et partagée.

Ce projet s’adresse à tous les visiteurs et amoureux de Paris, Parisiens métropolitains, touristes. Cette réappropriation du site doit permettre une mixité des usages et des pratiques s’adressant au plus grand nombre, qu’elles soient culturelles, sportives ou de promenade, dans un esprit d’ouverture, d’échanges et de mélanges sans oublier un volet économique qui affirmera lui aussi toute l’ambition de ce projet.

Rive droite : transformer une voie autoroutière en boulevard parisien

Faire de la voie Georges Pompidou un boulevard urbain, cela signifie changer l’environnement de cette voie routière, et notamment en rendre possible la traversée, par l’installation de feux tricolores.
Deux traversées symboliques feront l’objet d’un aménagement spécifique.

Au pied du Palais de Tokyo, la passerelle Debilly permet aujourd’hui de rejoindre le musée du Quai Branly via un passage souterrain pour les piétons sous l’avenue de New­York. La proposition consiste à créer une traversée piétonne en surface, équipée de feux tricolores, de part et d’autre de la rue de la Manutention. Cela permettra de fermer le passage souterrain, dont la trémie côté Seine gêne le cheminement de la piste cyclable. Ainsi l’accès au quai bas depuis le quartier voisin sera également facilité. Nous proposons par ailleurs de créer une bande cyclable sur la chaussée côté bâti, qui constituerait pour les cyclistes le chaînon manquant du pont de l’Alma vers le pont d’Iéna.

La liaison piétonne entre les Tuileries et le musée d’Orsay répond à une problématique similaire. Aujourd’hui, les promeneurs du jardin des Tuileries doivent emprunter un passage souterrain qui débouche sur le niveau bas de la passerelle Solferino. Il s’agit donc, de la même manière que sur l’avenue de New­York, de créer et de valoriser une traversée au niveau de la chaussée reliant le niveau haut de la passerelle avec les deux entrées du jardin aujourd’hui fermées. Cet aménagement sera également l’occasion de rationaliser les flux de véhicules cisaillant dangereusement les files entre la sortie du tunnel Concorde et l’entrée du tunnel Tuileries. La nouvelle répartition des files de circulation sur l’emprise du quai haut permettra le maintien d’une voie bus côté Seine et la circulation des vélos.

Ainsi, le projet prévoit de séparer le quai en deux sections : l’une, côté jardin, dédiée au passage du tunnel Concorde au tunnel des Tuileries, l’autre, côté Seine, aux bus et vélos ainsi qu’aux autres véhicules venant de la place ou du pont de la Concorde.

En remontant la rive droite, depuis le square de l’Hôtel de Ville jusqu’au port Henri IV, les bords de fleuve sont aujourd’hui inaccessibles depuis les quais hauts (notamment le port des Célestins), les revêtements sont détériorés, le nivellement accidenté. Les contournements des piles de pont ainsi que le cheminement reliant le port Henri IV au port des Célestins n’offrent pas aujourd’hui la largeur suffisante permettant un passage sécurisé des piétons.

Le projet consiste donc à :
­- recalibrer les deux files de circulation à 6 m de largeur, permettant la réalisation d’une promenade côté fleuve ;
-­ créer des traversées protégées par des feux tricolores, au moins en bas des deux rampes déjà fermées à la circulation près du pont Marie et du pont Sully et en bas de la rampe du pont Louis Philippe (près de la place du Bataillon Français de l’ONU en Corée) ;
- créer les conditions d’une promenade piétonne confortable (reprise des matériaux, élargissement ponctuel du passage près du pont Sully….)

Rendre les bords de fleuve accessibles aux piétons offre aussi l’occasion de faire accoster quelques bateaux ou barges près du pont Marie et de créer un café au port des Célestins.

Rive gauche : la reconquête

Sur cette rive, l’itinéraire routier actuel alterne les portions sur quai régulées par des feux avec la voie sur berges. De ce fait, cette voie n’est utilisée qu’à moitié de sa capacité.

Le projet consiste donc en la fermeture au trafic automobile de ces 2,3 km de voies sur berges. La reconquête de cette berge permet de rendre 4,5 ha à d’autres usages (promenade, végétalisation, activités culturelles, sportives, de loisirs …) et de supprimer l’aspect routier actuel des berges en offrant un paysage nouveau réconciliant la ville et son fleuve.

Trois thèmes ont guidé les propositions d’aménagement et de développement des usages : nature, sport, culture. Une démarche légère, sans travaux longs et lourds est privilégiée. Nous bénéficions de l’expérience acquise avec Paris Plages. Concernant les aménagements de voirie, il s’agira de déséquiper la voie sur berge et de rendre lisibles les liaisons entre les quais hauts et les quais bas.

En outre, un pôle lié à la nature et l’environnement comprenant un volet pédagogique pourrait être favorisé par exemple au pont de l’Alma et proposer des animations, expositions sur le thème de l’eau et de la préservation des milieux naturels. D’autres projets pourraient également valoriser la voie fluviale (marchés flottants, activités nautiques…). Des petites structures en forme de serres, connectées à internet, pourraient aussi permettre de s’arrêter, surfer sur internet, travailler…

L’attention sera portée également sur le volet économique de l’opération. La réouverture des quais permettront une création de valeur pour l’exploitation portuaire (création d’anneaux pour des activités économiques, restaurants, commerces…). Les berges devenant accessibles, de nouveaux bateaux pourraient accoster entre Alma et Solferino en dehors des zones réservées à la sécurité de la navigation.

La reconversion de lieux aujourd’hui désaffectés (locaux sous la culée du pont Alexandre III, pavillon des Célestins rive droite) permettront d’y localiser des activités économiques. Sous le pont Alexandre III, il serait possible de rouvrir les escaliers monumentaux du pont descendant à la berge, d’ouvrir l’accès au RER C aujourd’hui fermé et pourquoi pas une correspondance avec Voguéo. Ce lieu doit devenir un espace de culture et festif, en retraitant les espaces sous la culée, en permettant à des bateaux­spectacles de venir investir la berge. Sur les berges elles­même seront étudiés des lieux de restauration, mais aussi des endroits où des services à valeur ajoutée.

Un dialogue avec le port de Paris devra permettre d’examiner toutes les perspectives de développement de l’activité portuaire, dans les ports dédiés à ces activités et localisés dans le PLU (principalement dans les 15ème et 12ème arrondissements).

De nouvelles escales, de type Batobus ou Voguéo, peuvent s’envisager par exemple au pont de l’Alma et au pont Alexandre III en connexion avec le RER et desservant de nombreux équipements.

Le port de Solferino qui profite d’une situation exceptionnelle pourrait être mis en valeur. Ce port, aujourd’hui occupé par un parking, pourrait devenir un site de promenade et de loisirs témoignant du renouveau des espaces publics du centre de Paris, mêlant modernité et patrimoine.
L’emmarchement qui pourrait être installé au droit du parvis d’Orsay, permettrait à tous de s’installer pour jouir de cette vue magnifique qui embrasse le Louvre, les Tuileries jusqu’à la Concorde, qui permet de deviner Petit et Grand Palais…

Ainsi, se dégagerait un parcours piéton continu sur 2,3 km pour offrir à tous les publics, parisiens, franciliens, visiteurs, des occasions de promenades, des moments festifs, de concerts, des lieux d’activité économique, et plus simplement de redécouverte du fleuve qui a marqué la naissance de Paris et le paysage de l’Ile de France.

La question de la circulation et des déplacements

Les questions des déplacements et de reports de trafic sont bien entendu centrales dans ce projet. Leur solution est même une condition de sa réussite.

La circulation et les reports de trafic

Concernant la circulation automobile, les services de la DVD ont entrepris de nombreuses études qui ont été communiquées aux groupes politiques comme il avait été souhaité lors du Conseil de mai dernier. Ces études ont été réalisées avec des méthodologies classiques, présentées à la Préfecture de Police et validées par la Direction régionale de l’Equipement, grâce à des modèles de trafic permettant de prendre en compte la congestion. Ces modèles ont été calibrés sur le réseau de mesure du trafic de Paris (le système « SURF ») qui est très dense.

De nombreux scénarios ont été mis à l’étude : coupure totale rive droite, maintien d’une seule file pour la circulation générale et d’une autre pour des véhicules spécifiques… Le maintien de deux files de circulation rive droite et la fermeture rive gauche, semble être finalement le meilleur compromis entre une volonté de reconquête et la préservation du fonctionnement urbain et métropolitain.

Un examen global du fonctionnement des voiries a été mené à l’échelle de la métropole comme des arrondissements. Il en résulte quelques enseignements importants. D’abord le projet proposé n’aura qu’un effet réduit sur les conditions les conditions de circulations dans la capitale.

Dans la pire des situations, à savoir au plus fort de l’heure de pointe du soir, les reports de circulations provenant de la rive droite se relocalisent principalement, à raison d’un tiers, sur le boulevard périphérique nord et sud, rechargeant cette infrastructure de quelque 3 à 5%. Cela correspond globalement à la part de trafic de transit qui ne vient pas de Paris et ne s’y rend pas. Une autre partie des reports se retrouve sur l’axe du quai rive gauche vers l’ouest, et le boulevard Saint Germain, dans des proportions qui ne bloquent pas ces itinéraires. Le reste se diffuse globalement sur l’ensemble du réseau sans conséquences mesurables.

Les reports provenant de la rive gauche sont plus localisés, le trafic y étant également plus ponctuel. On les retrouve sur le quai haut rive gauche (Anatole France et quai Branly) mais aussi rive droite (Louvre­ Concorde) ; mais ces itinéraires peuvent supporter ces reports, n’étant pas aujourd’hui à la congestion. Les conditions de circulation qui résultent de ces reports sont acceptables et ne provoquent pas non plus de blocage.

Au bilan, l’allongement des temps de parcours est acceptable : il ne devrait pas dépasser de l’ordre de 5 à 7 mn sur des parcours en traversée de Paris de 30 à 35 mn. La vitesse moyenne sur les itinéraires diminue de quelques kilomètres par heure et se rapproche de la moyenne parisienne.

De ces analyses il ressort également que certains points peuvent connaître des difficultés, et c’est le cas du pont de la Concorde en particulier où un incident, un accident peuvent provoquer des difficultés aux abords des institutions nationales. Des analyses plus détaillées (simulations dynamiques) sont en cours et permettront d’ajuster les aménagements de détail et les cycles des feux pour un fonctionnement optimal.

Il ressort des réflexions à ce stade que des solutions existent mais restent à étudier finement, dans le cadre d’approfondissement de ces études. Ces aménagements et réglages seront à finaliser pour l’étude d’impact du projet.

En conclusion sur ces questions de trafic, le projet a pour conséquence de pacifier et de ralentir les flux aux heures creuses et génère un fonctionnement à l’heure de pointe qui est tout à fait conforme au reste des boulevards et avenues à Paris. La problématique du pont de la Concorde nécessite des investigations complémentaires afin de déterminer la configuration idéale du point de vue du réglage des cycles de feux.

Conformément à la demande du Conseil, dès la présente phase, un observatoire est mis en place pour les axes concernés par les reports de trafic, en liaison avec les organismes Airparif et Bruitparif. Il aura vocation à mesurer la circulation, les niveaux de pollution et de bruit, avant et après la mise en place du projet.

Les autres modes de déplacements et les transports collectifs

De façon plus générale, la valorisation du fleuve s’inscrit dans une politique générale de reconquête progressive de l’espace consacré à la circulation automobile et de promotion des autres modes de déplacements. En 10 ans, la circulation a baissé de 20% dans Paris, permettant de baisser la pollution atmosphérique, le bruit, la consommation de ressources fossiles et la production de gaz à effet de serre.

Cela a été rendu possible par une politique déterminée de développement de l’offre de transports collectifs et de promotion des modes doux. Cette politique se poursuivra avec le plan de mobilisation pour les transports conduit par la Région Île-­de-­France.

À court terme, des améliorations ont déjà votées par le STIF et pour certaines sont déjà en cours de réalisation. Ainsi, l’automatisation de la ligne 1 du métro permettra une adaptation en temps réel de la fréquence en fonction de la fréquentation constatée, ce qui améliorera nettement le confort des usagers et la régularité de cette ligne très chargée. De même, 30 nouvelles rames à 2 niveaux seront mises en service sur la ligne A du RER, à échéance 2013, ce qui aura pour conséquence d’ouvrir de l’ordre de 10 000 places supplémentaires à l’heure de pointe, soit un accroisssement d’environ 20% de la capacité. Enfin, le schéma directeur du RER C, adopté en décembre 2009 par le STIF, va permettre à brève échéance de doubler la fréquence de desserte vers Ivry et Vitry, et d’ici à 2013, la vitesse de circulation des trains dans Paris devrait être relevée. Durant la phase d’élaboration du projet, d’autres mesures sont envisagées, comme la mise en place d’un transport fluvial permettant de relier Voguéo à Batobus.

Ce projet s’inscrit donc bien dans le cadre d’un renforcement considérable des axes de transports collectifs le long de la Seine et dans l’axe est­ouest : par exemple en termes de capacité, c’est un renforcement de plus de 10 000 passagers par heure, alors que le projet de reconquête des berges ne modifie les capacités que de 1 500 à 2 000 passagers par heure.

ar ailleurs, l’ensemble du projet intégrera la volonté affirmée de la Ville de Paris de garantir des continuités cyclables le long de la Seine, de promouvoir la pratique du vélo pour tous et d’accorder aux vélos une véritable place aux abords du fleuve (stationnement, stations Vélib …).

La méthode et le lancement de la concertation préalable

Sur ce projet de reconquête des voies sur berges dont l’intérêt s’inscrit non seulement à l’échelle parisienne mais aussi à l’échelle métropolitaine, j’ai la volonté de mener une concertation préalable qui aille au­delà des exigences du code de l’urbanisme dans ses articles L300­2 et R300­1 et qui soit à la hauteur des enjeux cruciaux et de l’ambition inédite du projet pour notre métropole. Cette concertation sera menée en lien avec la Commission Parisienne du Débat Public qui sera prochainement saisie pour en affiner et compléter le cas échéant les modalités.

Les acteurs institutionnels

Je vous propose de saisir de ce projet les acteurs institutionnels impliqués (entre autres Ports de Paris, Voies Navigables de France, le STIF, le Service Départemental de l’Architecture et du Patrimoine, la Préfecture de Paris, la Préfecture de Police, la Chambre de Commerce et de l’Industrie Paris ­Île-­de-­France) en leur envoyant par courrier un dossier de présentation du projet et en leur donnant un délai d’au moins un mois pour formuler par écrit leurs avis et contributions.

Les institutions culturelles en particulier celles situées à proximité des voies sur berges seront également consultées dans le cadre de la définition des espaces à dominante culturelle.


De nombreux acteurs institutionnels sont impliqués dans l’élaboration du projet qui nécessitera que soient délivrées les autorisations relevant de leurs compétences. Ce travail, qui a d’ores et déjà commencé avec la plupart, se poursuivra tout au long de la phase de concertation.

Le public

La concertation parisienne fera l’objet d’une information du public sous forme d’une exposition déclinée à l’occasion de plusieurs manifestations (festival de l’oh, Paris Plage…) et présentée à l’Hôtel de Ville ainsi que pour une durée d’au moins un mois dans les mairies des arrondissements riverains de la Seine et dans les autres mairies d’arrondissements qui le souhaiteraient. Afin de recueillir l’avis du public, des registres seront mis à dispositions dans les mêmes lieux, ainsi qu’un forum internet dédié accessible depuis le site internet de la Ville. Une réunion publique de concertation, présidée par le Maire de Paris ou ses représentants, associant le Maire de l’arrondissement ou son représentant, se tiendra dans chacun des arrondissements concernés. Les associations de quartier, les habitants et toute personne intéressée pourront y participer. Les jeunes publics, parisiens comme franciliens, pourront également être associés au travers notamment des ateliers­villes.

Les collectivités de la métropole

Mais au­delà du dispositif de concertation à l’échelle parisienne, je souhaite que l’ambition métropolitaine de ce projet soit l’occasion de mettre en œuvre une concertation élargie. Elle témoigne de la volonté de la Ville de Paris d’associer ses partenaires et voisins pour qui la Seine est un dénominateur commun essentiel, et avec qui elle partage l’ambition de placer le fleuve au coeur du développement urbain. Ainsi, je vous propose de saisir du projet les communes et intercommunalités limitrophes de Paris et riveraines de la Seine, les départements des Hauts­de­Seine et du Val­de­Marne, la Région Île-­de-­France ainsi que le syndicat Paris Métropole. Le matériel d’exposition sera mis à leur disposition pour les collectivités qui souhaiteraient le mettre à disposition du public. Ces collectivités disposeront d’un délai d’au moins un mois pour formuler par écrit leur avis et contributions.

Ces derniers, avec l’ensemble des productions parisiennes (avis des acteurs conviés, registres, interventions en réunions publiques, observations sur le site Internet de la Ville), viendront nourrir le bilan qui sera tiré de cette phase de concertation préalable et que je vous proposerai d’approuver ce bilan par une nouvelle délibération dès cet hiver.

Les modalités de réalisation du projet

Prestations spécialisées

Ce projet nécessitera le moment venu le recours à des prestations spécialisées de services et de travaux, notamment :
-­ la logistique de concertation
-­ la réalisation de l’étude d’impact pour l’élaboration du dossier d’enquête publique confiée à un bureau d’études spécialisé
-­ une assistance en matière d’aménagement d’espace public, de paysage, de végétalisation et de biodiversité
-­ des études de maîtrise d’œuvre
­- des prestations intellectuelles pour les études d’Ordonnancement, de Pilotage et de Coordination (OPC),
- la coordination de la Sécurité et de la Protection de la Santé des travailleurs sur le chantier (SPS), et le contrôle technique des études et des travaux (CT),
-­ les travaux de voirie et de construction d’ouvrages.

Le calendrier prévisionnel

Le déroulement de la concertation préalable se fera sur le deuxième semestre 2010. En parallèle, les procédures de commande des prestations d’assistances diverses seront menées et l’étude d’impact sera réalisée de manière à vous faire approuver en décembre 2010 à la fois le bilan de la concertation et le lancement des enquêtes publiques voirie et Bouchardeau.

La désignation de la commission d’enquête et l’ouverture des enquêtes publiques interviendront au 1er trimestre 2011 pour une remise des conclusions de la commission à l’été 2011, à l’issue de laquelle je vous proposerai d’approuver la déclaration de projet et le lancement des marchés de travaux. Les études d’aménagement auront au préalable été menées à leur terme et la finalisation des négociations avec l’Etat (Ports de Paris et Voies Navigables de France) au cours du 3ème trimestre 2011 devront aboutir à des modifications des conventions existantes entre la Ville et ces organismes.

Le permis d’aménager sera déposé en octobre 2011 et les procédures de marchés de travaux seront lancées simultanément. Ces derniers seront attribués en février 2011 et après une période de préparation minutieuse du chantier, les travaux se dérouleront sur un délai très court, de juin à mi­septembre 2012.

Le budget prévisionnel

Le coût prévisionnel des aménagements est estimé à environ 40 M€ en investissement. Sans pouvoir prétendre à la précision à ce stade, ces estimations se décomposent ainsi :
• Les aménagements de voirie rive droite : requalification des voiries et de l’espace public, y compris le mobilier urbain (sanisettes, fontaines à eau, luminaires…) pour transformer la voie autoroutière en voie urbaine : 7 M€.
• Aménagements de voirie rive gauche : 11,5 M€
- travaux de voirie légers : enlèvement des éléments autoroutiers, pose de mobilier urbain
- terrains de sports et espaces verts
- skate­park et l’espace vert au port du Gros Caillou
- gradins devant le Musée d’Orsay
- espaces de travail, de lecture, connectés à internet
• Objets flottants : 12 M€
- Une dizaine de barges ou éléments flottants sur les deux rives
- Archipel d’îles artificielles
• Locaux : 9 à 10 M€ (sous concession)
- Aménagement des 2 locaux en tête de pont Alexandre III et Maison Rouge aux Célestins :

Les activités récréatives seront assumées par la Ville. Les coûts de fonctionnement seront limités : 8 à 10 éléments (jardins, jeux d’enfants…) nécessitent de l’ordre de 2M€ / an.

Les objets flottants et les locaux aménagés, lorsqu’ils accueilleront des activités privées (bars, restaurants, salles de concert…) feront l’objet d’un investissement et d’une exploitation sous forme de concession (sur fonds privés).

Je vous demande de bien vouloir :
­- approuver les objectifs poursuivis pour l’aménagement des berges de Seine (1e, 4e, 7e, 16e) ;
­- approuver les modalités de la concertation préalable ;