Fermeture des voies sur berges de la Seine à Paris

Intervention de Édith Cuignache-Gallois au Conseil de Paris (Séance du 13 décembre 2011)

Ce projet ne prend vraiment pas en compte la réalité du quotidien des Parisiens qui doivent travailler et qui, pour travailler, doivent circuler.

Ce projet ne tient pas ses engagements, car l'offre de transports alternatifs et simultanés devait être un préalable, alors qu'il n'y a pas, aujourd'hui, de réelle possibilité de report de trafic et il n'y a pas non plus d'offre alternative existante de transports en commun.

«Paris Métropole» a signifié “qu’il est important que des alternatives en matière de déplacements soient mises en œuvre et préparées conjointement à d'éventuelles restrictions d'usage”.

Le Président de la Région, Jean-Paul HUCHON a alerté de façon tout de même très précise : “Les capacités d'absorption des reports vers les infrastructures routières et les lignes de transports en commun sont à analyser finement dans la suite des études”, et “il conviendrait de regarder précisément les parcours impactés pour apprécier les trafics supplémentaires”, enfin : “En termes de trafic automobile, le report sur les quais hauts et sur le boulevard doit être bien mesuré”.

Le commissaire enquêteur souligne la nécessité de “renforcer dans les plus brefs délais l'offre de service de transports collectifs”.

L’offre de transports en commun alternative et simultanée, dont vous aviez fait une condition préalable, n’existe pas et on se demande vraiment comment le commissaire enquêteur a pu rendre un avis favorable dans ces conditions.

Les voies express sont un axe structurant d’entrée et de sortie de la capitale, elles ont une valeur métropolitaine. 3000 à 4000 véhicules les empruntent chaque jour et 40 % viennent de banlieue. Pour beaucoup, ce sont des artisans qui viennent travailler à Paris où ils viennent livrer des marchandises.

Pour cela, il n'y a pas d'alternative aux voies sur berges. Leur véhicule, malheureusement, pour le moment, est indispensable, d'autant plus que le développement à grande échelle du fret fluvial n'est absolument pas, et très curieusement, intégré à votre projet de valorisation de la Seine.

Le rapport de l'enquête publique souligne l'absence de zones logistiques prévues. La nouvelle expérimentation VOGUEO ne prévoit pas non plus de compatibilité logistique avec le fret pour les escales ; c'était pourtant le sens d’un vœu de notre groupe qui a été repris par l’Exécutif et adopté.

Rendre la Seine aux Parisiens, ce n'est pas seulement en faire un espace événementiel, c'est aussi lui redonner sa vocation originale, celle du transport de marchandises, dans une version moderne et durable de la batellerie, ce qui éviterait des milliers de camions dans Paris chaque jour.

En cette période de crise, votre projet à 35 millions d'euros, avec mikado géant et île flottante, c'est la fuite d'un Maire vers le ludoculturel et l'abandon des exigences de la réalité, en bref, un triste constat, c'est la politique du futile plutôt que de l'utile.