| Intervention de Emmanuelle Dauvergne au Conseil de Paris (Séance du 13 décembre 2011) |
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Pour lancer cette opération, vous piétinez la concertation en n’associant pas les arrondissements concernés, à commencer par le 7e arrondissement, qui est pourtant le principal impacté. Si vous avez été lent à entamer la concertation, vous avez été prompt à lancer un appel à projets pour l'exploitation de la culée du pont Alexandre III avant la tenue de l'enquête publique. Cela revenait à dire aux Parisiens que quel que soit le résultat de l'enquête, vous ne tiendriez pas compte de leur avis. En imposant la tenue de l'enquête publique en plein cœur de l'été, vous espériez certainement que les personnes impactées ne se mobiliseraient pas, mais les Parisiens ont exprimé très largement leur indignation, notamment dans le 7e arrondissement, qui a concentré 54 % des contributions à l'enquête publique. J’ajoute que 78 % de ces contributions sont défavorables et que seulement 17 % sont favorables. La commission admet que le dossier d'enquête ne souligne pas suffisamment les inconvénients potentiels en matière de nuisances routières pour la rive gauche. S'agissant des transports collectifs, la commission souligne l'absence réelle d'offres alternatives. Elle considère que les reports de circulation demeurent une question pendante. Sur le volet patrimonial, la commission s'inquiète de l'implantation d'installations, même temporaires, qui viendraient dégrader l'aspect minéral des quais de la Seine. Plusieurs collectivités de banlieue ont exprimé leur inquiétude et leur opposition à ces aménagements qui vont les impacter directement. En voulant poursuivre le projet malgré le rejet des Parisiens, vous témoignez d'un réel mépris à leur égard. Vous n'apportez aucune réponse aux questions de coût, de rentabilité socio-économique, de saturation des transports collectifs, de ralentissement de la circulation, y compris celle des bus et des taxis, et des nuisances. Les demandes du 7e arrondissement en équipements publics sont rejetées, ce qui va à l’encontre d’une des recommandations de la commission d'enquête. Enfin, l'impératif de sécurité publique ne semble pas vous préoccuper. Tout comme l'État, votre responsabilité sera pourtant engagée si cette opération met en danger les Parisiens en bloquant notamment les véhicules d'intervention d'urgence. En définitive, ce dossier consiste à faire payer aux contribuables parisiens un minimum de 35 millions d'euros d'aménagement et plusieurs millions d'euros chaque année pour leur faire subir des nuisances, porter atteinte à l'économie de Paris, sans aucun bénéfice probant et sans leur procurer les équipements publics dont ils ont besoin. Si vous ne retirez pas ce projet de délibération de l'ordre du jour, nous voterons contre, puisque ce projet ne poursuit pas un objectif d'intérêt général mais d'intérêt médiatique. Nous souhaitons que les berges fassent l'objet d'un projet conçu dans la concertation, qui respecte la vie des Parisiens, qui respecte leur sécurité, leurs conditions de vie, qui prépare leur avenir et n'entrave pas l'économie. Nous ne voulons pas des aménagements étriqués et sans ambition proposés, mais un projet conçu à l'échelle du Grand Paris pour contribuer à l'attractivité de la métropole et à la qualité de vie des Franciliens.
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