| Intervention de Jean-François Legaret au Conseil de Paris (Séance du 13 décembre 2011) |
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Je soulève une objection légale et réglementaire, le Conseil du 1er arrondissement n'a pas examiné ce projet de délibération, parce qu'il m’est parvenu hors délais. Cette discussion ne répond donc pas aux formes légales, et j'ai demandé le retrait de l'ordre du jour de ce projet de délibération. En effet, il est parfaitement inadmissible qu'un projet de cette importance, qui concerne directement le 1er arrondissement, n'ait pas été transmis dans les délais légaux. Il n’y a dans ce projet, rien qui soit conforme à la vocation de la Seine, à sa vocation fluviomaritime, à son potentiel de développement tout à fait indispensable, c'est la seule voie de circulation qui ne soit pas saturée en Île-de-France. Il y a donc une possibilité de développement pour le transport des pondéreux, pour le transport naturellement des passagers, rien sur le Grand Paris. C'est donc un projet ludique, anecdotique, totalement déconnecté de sa réalité et de son environnement. Le quai haut est particulièrement propice à la promenade, il y a des commerces, des bouquinistes, des bistrots, c'est quand même beaucoup plus agréable que la voie Georges Pompidou dont je rappelle que le trajet entre la Concorde et l'Hôtel de Ville s'effectue pour plus de la moitié dans un tunnel sordide. Nous avions demandé une expérimentation de six mois et avions souhaité que l'on mette en place des capteurs, qui permettent de mesurer le nombre de véhicules, et la situation de la pollution. Il suffit de regarder ce qu’il se passe pendant Paris Plage au mois d'août, où il y a moins de circulation dans le centre de Paris. Vous avez une situation invivable, irrespirable pour les riverains du centre de Paris qui habitent sur les quais hauts. Sur la rive gauche, on veut supprimer la circulation, il y a là une objection juridique fondamentale : le domaine n'appartient pas à la Ville de Paris mais à l’État. Il a été remis à la Ville de Paris dans le cadre d'un certain nombre de remises qui se sont faites dans une superposition de gestion, mais ces superpositions de gestion se sont faites avec un objectif, celui d’y réaliser une voie de circulation. Si la Ville de Paris renonce à cette voie de circulation, ce domaine retourne de facto dans le domaine de l'État. Et je ne crois pas que le Maire de Paris soit habilité à prendre l'initiative et à faire des aménagements sur le domaine de l'État sans l'autorisation de l'État, ni que l'État ait passé une convention et donné son accord pour un aménagement de cette nature. Donc, tout contribuable parisien qui voudra introduire un recours devant un Tribunal administratif est à mon avis à peu près certain de gagner. Je suis consterné par la fragilité de cette délibération, et de ce projet qui ne tient absolument pas compte de cette règle de base de la domanialité publique. Les animations proposées sont d'une grande médiocrité ou sont au mieux anecdotiques. Et quant à ce qui est prévu entre les deux rives, c'est-à-dire sur le fleuve lui-même, les îles flottantes, je connais bien ces questions, j'ai eu l'honneur d'exercer les fonctions de président du port autonome de Paris, je suis prêt à prendre le pari avec vous que jamais la police du fleuve, le service de la navigation de la Seine n'autorisera des îles flottantes qui viendraient entraver la circulation des bateaux au milieu de la Seine. La Seine dans Paris, ce paysage mythique qui a inspiré les plus grands artistes dans le monde mérite bien mieux que cela.
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