Fermeture des voies sur berges de la Seine à Paris

Intervention de Jean-Pierre Lecoq au Conseil de Paris (Séance du 13 décembre 2011)

Vous faites une opération de communication, doublée d'une opération politique puisque, après avoir refusé aux Verts la mise en œuvre de cette mesure, au cours de votre première mandature, vous la mettez en œuvre sous votre propre timbre aujourd'hui.

Mais, vous prenez des risques considérables, le premier d'entre eux étant de créer une gigantesque thrombose au centre de la région capitale, alors que les transports en commun continuent à se détériorer et continueront à se détériorer malheureusement dans toute l'Île-de-France, en attendant le futur grand métro, et que le réseau routier francilien lui-même souffrira des travaux obligatoires dans nombre de ses tunnels au cours des prochaines années.

Les mesures de compensation que vous avez envisagées pour limiter les conséquences des bouchons sur les quais hauts de la Seine ne sont pas à la hauteur. La file supplémentaire du quai Anatole France ne sera pas capable d'absorber à elle seule les reports de circulation des quais bas. L'évaluation à six minutes du temps de trajet supplémentaire entre Austerlitz et la Concorde n'est pas crédible.

C'est un gigantesque embouteillage qui se profile avec son cortège de pollution supplémentaire et d'accidents potentiels. La fermeture des quais bas de la rive gauche va se transformer en enfer sur les
quais hauts.

Quant aux aménagements prévus sur la rive droite, ils se traduiront par un ralentissement général de la circulation et par des embouteillages et de la pollution supplémentaire.

Au lieu de ces mesures générales, il eut été plus judicieux d'envisager des mesures de fermeture partielles, temporaires, qui essaient de concilier l'intérêt des Parisiens et Franciliens et les exigences économiques d'une capitale internationale.

Fermer les voies sur berges de 22 heures à 6 heures du matin en semaine et à la belle saison, les fermer éventuellement le week-end, les possibilités sont multiples et correspondent à une vision pragmatique de la circulation.

En effet, qui fréquentera les soirs d'hiver, pendant plus de quatre mois, dès que la nuit tombe, les berges de la Seine ? Vous allez créer, et j'attire l'attention du Préfet de Police, une gigantesque zone d'insécurité allant du musée d'Orsay jusqu'à la Tour Eiffel, dont les abords posent déjà problème.

Outre leur coût, les aménagements ludiques prévus ne seront utilisés que sur une durée très limitée. Ils souffriront le reste du temps des intempéries et des dégradations éventuelles.

Nous vous demandons de surseoir à votre projet et de reprendre la concertation, afin de l'amender dans le sens des préconisations émises par le président de la commission d'enquête.