Fermeture des voies sur berges de la Seine à Paris

Intervention de Laurence Douvin au Conseil de Paris (séance du 20 juin 2011)

Monsieur le Maire,

Les 7 et 8 février dernier, vous avez fait voter par le Conseil de Paris votre projet d’aménagement des voies sur berges.

Depuis lors, nous avons attendu l’ouverture de l’enquête publique qui doit s’en suivre. En vain jusqu’à es derniers jours. Nous avions d’abord entendu parler du mois de juin, et d’une enquête limitée à deux arrondissements, puis par la voie des annonces légales d’un quotidien la presse étant comme toujours notre principale source d’information, nous apprenons maintenant que cette enquête va avoir lieu en pleine torpeur estivale au mois de juillet puis dans le journal du surlendemain qu’elle aura lieu du 9 juillet au 4 septembre.

Bravo, Monsieur le Maire, pour un exemple de démocratie locale, c’en est un et Monsieur Bouakkaz qui en est un chantre certainement sincère doit se retourner sur son siège, du moins je l’espère, car de qui se moque-t-on ?

Il a été expliqué que ce projet impactait tout Paris et même au-delà en ce qui concerne les reports de circulation, vous vous êtes vanté d’avoir organisé une large concertation en nous en faisant une présentation totalement biseautée par rapport à ce qu’elle en a été en réalité.

Et maintenant, seules dix mairies sont concernées et vous choisissez des dates estivales et elles seules. Je trouve que cette façon de faire est un véritable scandale et un déni de démocratie et ce, quelque soit le projet concerné, je ne parle donc pas là du fond du problème mais de la forme qui est inacceptable. Le « projet phare » de votre mandature mérite mieux qu’une concertation en catimini à une période où de nombreux Parisiens sont loin de la Capitale.

Mais ce n’est pas tout ! Vous nous proposez aujourd’hui de vous donner l’autorisation de déposer des demandes d’urbanisme relatives à ce projet, et ce, avant même l’ouverture de l’enquête publique ! Pis, il s’agit de la délibération SG 162, vous prévoyez déjà les marchés pour les animations festives qui s’y tiendront ainsi que la communication qui sera faite une fois le projet achevé.

Mais alors à quoi sert l’enquête publique ?

Dans la délibération, vous ne pensez quand même pas vous en exonérer en écrivant, je cite, « Ces autorisations ne préjugent évidemment pas de la procédure d’enquête publique menée par ailleurs, qui devra faire l’objet d’un avis du commissaire enquêteur et d’une délibération ultérieure de déclaration de projet). Mais elles préjugent de quoi alors ? A quoi servent-elles alors s’il y a modification par l’enquête publique ?

Quel bel exemple d’hypocrisie !
Êtes-vous si inquiet des résultats de l’enquête publique que vous vouliez la torpiller à tout prix ?

Au cours de la parodie de concertation, vous avez dû procéder à un coûteux sondage pour asseoir une légitimité à ce projet. Mais combien d’entre eux ont vraiment jugé sur pièce votre proposition de réaménagement ?

Ne sentez-vous pas que si nous souhaitons tous un accès plus facile à la Seine sur tout son parcours, la fermeture des voies sur berges ne peut être raisonnablement envisagée que quand les infrastructures de transport public suffisantes seront réalisées et qu’elles auront permis de baisser le volume de la circulation ?

Ce sont les conditions que vous aviez vous même posées en 2008 à la réalisation d’un tel projet. Aucune n’est réalisée aujourd’hui.

L’une d’elles va démarrer avec la réalisation du Grand Paris, voulu par le Président de la République et le super métro Express mais il faudra du temps. Il est impossible de le nier.

Monsieur le Maire, nous demandons que cette délibération soit retirée de l’ordre du jour dans l’attente des conclusions de l’enquête publique et nous demandons que cette enquête soit différée pour inclure au moins une partie du mois de septembre afin de recueillir l’opinion et les observations d’un maximum de Parisiens et Métropolitains.