| Intervention de Édith Cuignache-Gallois au Conseil de Paris (Séance du 20 juin 2011) |
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Merci Monsieur le Maire. Mon intervention portera sur les deux délibérations, si vous le voulez bien. Donc, 2012 sera l'année de l'aménagement des berges à Paris. Mais, saviez-vous que 2012, selon une interprétation du calendrier Maya, c'est aussi une année apocalyptique. Mais rien, pas même les délais liés à l'enquête publique, ne doit boulverser votre calendrier politique. Alors que nous devions nous prononcer avant la fin de l'été sur le retour de l'enquête publique, nous sommes en fait invités à lancer des marchés publiques de conception et de communication ; et priés d'autoriser le dépôt de documents d'urbanisme sans connaître l'avis de la commission d'enquête, ni les observations des Parisiens et des Franciliens. Que signifie ce désordre ? Pourquoi mettre la charue avant les bœufs ? C'est comme procéder à la désignation avant les primaires. Cette précipitation signifie-t-elle que les résultats sont acquis ? Et pouquoi lancer cette procédure en juillet pour la terminer en août ? Décidément ce projet joue beaucoup avec les vacances et le touristes. Celà correspond certes à l'esprit de ce projet d'aménagement des berges, activités éphémères et animations ludiques : Paris-Plages le jour et boums la nuit. Mais déjà la Préfecture de Police constatait en février dernier que la fermeture du tronçon rive gauche était, entre guillemets, « intervenue en période de vacances et de jours fériés attérant de facto les enseignements sur la circulation » et il en ressortait pourtant, si vous l'avez oublié, un allongement significatif des temps de parcours. Un test grandeur nature, malgré vous d'ailleurs, a été fourni jeudi dernier lors d'une grande manifestation qui s'est tenue sur la rive gauche et qui a rendu pafaitement indisponible la circulation et s'en est suivie une thrombose monstre qui n'a retrouvé une fluidité que tard dans la soirée. Cette décontraction vis à vis d'une procédure obligatoire est liée, nous l'avons tous compris, à un calendrier très serré. Mais alors, pourquoi avoir annoncé un vote du conseil à cette séance-ci ou à la suivante ? Vous assenez que la consultation pendant de temps se poursuit, mais, dois-je le signaler, dans les formes que vous avez choisi. Je ne reviendrai pas sur nos débats de février, ni sur la confrontation de sondages totalement divergents. Mais je note que même vos alliés au sein de la majorité se pleigne des modalités de concertation. Il suffit de lire des deux vœux déposés par les verts en cette séance qui sollicitent une nécessaire concertation en amont des projets d'importance. On ne saurait mieux dire. Quoi qu'il en soit, la communication, elle, n'est pas oubliée, puisque le marché qui nous est soumis porte sa dépense à 400 000 euros hors taxe pour les dix-huit mois d'exécutions. À ce prix je ne doute pas que les dépliants, dossiers de presse, et autres supports seront particulièrement séduisants et l'animation du site internet très réactive. En revance, et conforme en celà aux règles des marchés publiques, la procédure adaptée concernant la conception et la production déléguées des manifestions est financièrement moins instructive. Les indications fournies par l'exposé des motifs dessinent les marges de manœuvre du futur prestataire : souple dans le choix des animations, figé dans l'étaux de votre projet. Ainsi la réversibilité imposée tient aux précautions obligées des risques d'innondations que le préfet de Région a rappelés. Ce n'est nullement lié à un réflexe de pragmatisme, ou de considération pour l'impact régional de l'aménagement. Quand à l'accès économique invoqué. C'est la part marchande du dossier, non une référence à l'activité générale et aux flux divers et essentiels qu'elle génère. La Seine est l'élément historiquement structurant de Paris. Elle n'a jamais, Monsieur le Maire, été perdue, et si notre capitale doit reconquérir son fleuve, que la bataille se fasse de manière apaisée, et que le profit soit partagé par tous. Cette reconquête nous la souhaitions, mais il fallait qu'elle soit programmée en parallèle d'une offre de transports en commun, et que cette offre soit structurante. Cette reconquête nous la voulions, mais pour tous. Il existe dans les 12e et 15e arrondissements, et également dans mon cher 13e arrondissement des espaces sur les berges qui doivent être aménagés. Ces linéraires ont même fait l'objet d'une session de rattrapage en février dernier. Ils disparaissent à nouveau. Seulement évoqués au titre d'aménagements complémentaires, avec l'emploi peu restrictif d'un verbe au conditionnel. Ils ne sont pas des partis objets de la reconquête. Ils sont simplement des accessoires potentiels. Le marché de programmation ne précise rien pour eux. Les autorisations d'urbanisment ne visent principalement, et pour cause, que le 7e arrondissement, territoire choisi des plus emblématiques réalisations, et au passage sans rapport avec les besoins en équipements de proximité. Bref, le projet des berges c'est : 2012 et l'extrême cœur de Paris, demain et seulement là. En février, Monsieur le Maire, vous m'interpeliez sous le cadre ironique de porte-parole des vrais gens. Vous conviendrez que je ne puisse si vite me convertir au monde des happy few des berges. Je vous remercie.
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