Fermeture des voies sur berges de la Seine à Paris

Intervention de Anne Hidalgo au Conseil de Paris (Séance du 20 juin 2011)
Merci Monsieur le Maire,

Donc je voudrai vraiment remercier l'ensemble des orateurs d'abord de la constance de leurs positions, et je voudrai effectivement comme vient de le faire Claudre d'Argent, dire finalement, rien de nouveau quant aux positions de la droite, l'UMP et le Nouveau Centre, ils sont contre ce projet, à une petite nuance près, puisque j'ai cru comprendre qu'il y a un petit groupe de jeunes qui sans-doute a un peu mieux senti les évolutions de Paris que ses aînés.

Toujours est-il que la grande majorité de cette composante de notre assemblée est contre, elle nous l'avait dit, elle nous l'avait fait savoir, et elle le confirme à nouveau ici.

C'est dommage, c'est dommage, même s'il m'est arrivé de dire dans certaines réunions publiques, ne changez rien, ne changez rien parce que c'est plutôt rassurant pour nous de voir que oui, nous accompagnons un mouvement, un mouvement de la ville écologique, un mouvement de la ville qui reconquiert son fleuve, et d'ailleurs si vous regardez, si vous avez la curiosité de voir ce qui se passe dans d'autres capitales dans le monde, vous verrez que c'est un mouvement assez généralisé, parce que les villes ont conscience aujourd'hui qu'elles doivent se donner l'espace, qu'elles doivent récupérer les voieries pour des circulations douces, des promenades, d'autres usages, des usages pacifiés autres que ceux de la voiture. Et c'est vraiment un mouvement généralisé qui existe aujourd'hui sur tous les continents. Je vous invite à regarder par exemple ce qui s'est dit dans des instances comme CGLU, ou encore le C40 qui regroupe les 40 plus grandes villes pour le climat, présidé par le Maire de New-York ; et j'ai eu l'occasion de participer récemment à une de ces conférences où toutes les grandes villes du monde cherchent des solutions pour lutter contre la pollution, contre le traffic automobile et toutes les grande villes du monde qui ont un fleuve auquel souvent elles ont tourné le dos en ce qui relève monde occidental pendant les trentes glorieuses se retournent vers ce fleuve pour en faire des espaces de promenade, et des espaces pour les habitants.

Alors tant pis, vous êtes contre, vous n'avez toujours pas compris quel était le sens de l'histoire. Nous nous continuons, nous continuons, et je voudrai effectivement dire, comme l'a souligné Claude d'Argent, et peut être en réponse à Monsieur Martins, que oui, suite à la concertation qui n'a pas été du tout une consultation artificielle, nous avons rencontré des habitants des vingts arrondissements de Paris. Nous avons eu des ateliers, nous avons eu un site internet. Nous avons travaillé avec les élus des communes limitrophes. Bref, nous avopns fait une concertation extrêmement large avec les associations Parisiennes. Tous nous ont dit à l'issu de cette concertation, il faut élargir le périmètre, et effectivement, l'aménagement des voies sur berges, ce n'est pas simplement la partie centrale de notre ville, celle qui est classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, mais c'est aussi ces berges qui vont du 13e au 15e et du 12e au 16e. Et nous avons entendu cela dans la concertation. Mais les délibérations qui sont proposées aujourd'hui disent, et je vais revenir sur le sens de ces délibérations, la partie de ces quai qui va être interdite aux voitures, c'est à dire celle sur lesquelles il y a, à partir de notre projet des voies sur berges, une modification extrêment forte puisque ces 2,3 km sur la rive gauche vont être interdit aux voitures, et donc nous avons une procédure spécifique qui concerne notemment l'enquête publique, pour cette partie là parce qu'elle est beaucoup plus impactée par nos propositions. Les autres aménagements, les aménagements qui verront le jour sur le 13e, sur le 15e, sur l'île aux cygnes sont des aménagements qui ne relèvent pas du tout de la même procédure, qui pourront se faire avec les autorisations d'urbanisme que nous déposeront en son temps, mais qui ne nécessitaient pas la même intervention notemment de l'enquête publique qui va être lancée.

Alors, j'ai entendue les élus UMP expliquer que c'est un déni de démocratie que de présenter ces deux délibérations alors que l'enquête publique n'a pas eu lieu. D'abord il faut être très précis sur les termes : il n'y a pas de déni de démocratie, nous suivons des procédures qui juriquement sont totalement fondées et légales. D'ailleurs, le Maire de Paris est autorisé à déposer des autorisations d'urbanisme avant le vote de la délibération sur la déclaration de projet. C'est une conséquence de l'article L.126-1 du code de l'environnement qui nous permet de faire celà, et nous sommes tout à fait respectueux, comme nous le faisons, parce que je crois que nous sommes quand même identifiés par cette recherche de l'application du droit et rien que du droit. Nous sommes totalement en réponse et en légalité par rapport aux procédures du code de l'environnement. D'ailleurs, quand j'entends Madame Douvin me dire : oui vous voulez, en gros, faire en sorte que l'enquête publique ne soit pas sincère, elle n'a pas utilisé ce terme, mais c'était le sens de sa question ; j'ai envie de lui dire vous vous y connaissez dans le 17e en matière d'enquête publique, parce que l'enquête publique sur Clichy-Batignoles, qu'est-ce-qu'on n'a pas entendu ici. Séances de Conseil de Paris après Conseils de Paris, on nous annonçait l'apocalypse quant à l'enquête publique Clichy-Batignoles, elle s'est soldée par un avis favorable du commissaire enquêteur, et je sais que ca beaucoup irrité Madame Kuster qui d'ailleurs l'a exprimé comme tel dans la presse. Donc en matière d'enquête publique, nous, nous sommes très respectueux. Nous pouvons procéder aujourd'hui à cette demande d'autorisation d'urbanisme, avant le vote de la délibération sur la déclaration de projet, simplement parce que nous avons le droit de ne pas perdre du temps. C'est aussi dans un soucis de bonne gestion de ce projet, dans un soucis d'apporter ces aménagement aux parisiens dès l'été 2012, que nous refusons de perdre du temps et que nous nous inscrivons dans les procédures juridiques telles qu'elles nous sont ouvertes. La ville, d'ailleurs, a saisi aussi le Port de Paris au début du mois de juin. Le Port est en train de finaliser un schéma d'orientations portuaire pour Paris et à l'échelle de la métropole, et ce schéma a fait l'objet d'un travail conjoint qui sera présenté, je crois, le 29 juin prochain, au conseil d'administration des Ports de Paris. Donc nous travaillons tous à fait, je dirais, étroitement avec les autorités qui sont impliquées dans ce projet des voies sur berges.

Je pense avoir répondu à Monsieur Martins et à un certain nombre de remarques de mes collègues.

Sur la délibération qui prévoit notamment la passation de deux marchés : un marché visant à permettre à des équipes pluridisciplinaires, dont une d'entre elles gêrera le site plus tard, de se préparer. Là aussi nous sommes tout à fait en application de l'article 30 du code des marchés publiques qui dispose clairement que nous pouvons lancer ce marché. Ce marché vise à quoi ? Je l'avais dit pendant la discussion précédente sur les voies sur berges : c'est un site unique, et il faudra une gestion unique. C'est pourquoi nous avons lancé ce marché qui permettra de sélectionner une équipe qui comprendra des services d'aménagement urbain, d'architecture paysagère, mais aussi une dimension artistique, une dimension ludique, culturelle et sportive parce que pour l'ensemble de ces berges ce sont ces activités là que l'on va trouver. Et il nous faut vraiment une équipe pour gérer cet espace publique d'un type nouveau avec, je dirais, des moyens adaptés. Et nous sommes donc totalement dans ce processus là.

Et le deuxième marché qui est lancé aussi, est un marché sur l'information et la communication du projet d'aménagement des berges que nous allons continuer de travailler.

Je vous donne quelques éléments de calendrier, puisque vous nous faites grief que l'enquête publique démarerait à l'été. Elle démarera le 5**** juin jusqu'à la fin du mois d'aôut avec une exposition avec un registre dans les mairies d'arrondissement qui bordent la Seine, ainsi que dans les salons d'accueil de l'Hôtel de Ville qui vont être aménagés pour les besoins de cette enquête publique. Il y aura puisqu'elle se déroule en grande partie pendant Paris-Plages une consultation très très large puisque Paris-Plage ça attire environ 4 millions de personnes, pas que des Parisiens, mais 4 millions de personnes sur les voies sur berges qui seront également amenées à se prononcer sur cette enquête publique. Et puis je rappelerai à Madame Douvin qui nous dit que quand on a des enfants à Paris, on sait ce que sont les vacances, mais moi je connais pas beaucoup de familles à Paris qui partent pendant huit semaines l'été. Moi je pense que ca doit être laissé à quelques catégories de population, moi j'ai plutôt tendance à voir soit des Parisiens qui pour certains ne peuvent toujours pas partir en vacances, et qui profitent de Paris-Plages, soit pour d'autres qui prennent trois semaines ou quatre semaines mais en général pas huit semaines pendant les vacances d'été.

Là aussi nous avons consulté, et la jurisprudence est tout à fait précise en la matière : il n'y absolument pas d'illégalité à faire une consultation de cette nature dans la période que nous avons définie. Et donc en paralèlle ce cette enquête publique qui va se dérouler le 5 juillet, nous avons, je vous en informe, plusieurs procédures en cours : un marché de production délégué (ce sont les marchés que nous venons de faire passer pour octobre 2011), la culée du pont Alexandre III avec une attribution de la conscession en octobre 2011, la maison des Célestins, vous savez cette petite maison pour laquelle il y aura la désignation d'un concessionnaire en octobre 2011 ; et donc le dépôt de tous les dossiers d'autorisation d'urbanisme (par exemple la déclaration préalable pour l'emmarchement qui va se situer au droit du musée d'Orsay, le permis d'aménager pour les travaux de voirie dans le 7e arrondissement), tout celà sera fait en septembre, et donc c'est envisagé après le déroulement de l'enquête publique, mais avant la remise du rapport de la commission d'enquête.
Et puis nous allons lancer des consultations pour lesquelles les marchés de travaux en septembre et également en février pour les derniers marchés que nous aurons à passer afin de pouvoir effectivmeent présenter une nouvelle convention au Conseil de Paris avant l'été 2012 et avec mise en service de tous ces aménagements, notamment sur la rive gauche, à l'été 2012.

Donc voila les éléments que je voulais apporter pour répondre, je crois, à vos questions. À part le fait que vous ne changiez pas d'avis, mois je pense que le choix que nous faisons, de ne pas accepter de perdre du temps et de respecter tout à fait l'ensemble des procédures est le choix le plus respectueux de l'intérêt des Parisiens, tout comme celui de reconquérir les berges de la Seine. Essayez de regarder un peu ce qui se passe autour de vous, regader ce qui se passe dans les autres capitales, et je l'espère, et en tout cas si vous regardez vraiment ailleurs, vous comprendrez sans doute pourquoi nous sommes aussi convaincu par ce projet qui s'inscrit pleinement dans ce programme d'écologie urbaine que nous portons.

Merci