Fermeture des voies sur berges de la Seine à Paris

Interventions (6 février 2012)
Intervention de Michel Gaudin au Conseil de Paris (Séance du 6 février 2012)

Monsieur le Maire,

Mesdames et Messieurs les Conseillers,

Depuis de le lancement du projet de réaménagement des berges de la Seine en avril 2010, c'est la quatrième fois que m'est donnée l'occasion de m'exprimer devant vous.

Ce matin, alors que s'achève un débat parfois aminé, je souhaite profiter du temps qui m'est imparti pour rappeler aux élus du Conseil de Paris la position qui a toujours été la mienne sur ce dossier, depuis près de deux ans. À chaque fois que j'ai pris la parole ici même, que ce soit à l'ouverture de la consultation publique, au démarrage de l'enquête publique ou encore avant le vote de la déclaration de projet en décembre dernier, je me suis toujours efforcé de le faire dans un double état d'esprit. Une volonté de pragmatisme bien sûr, mais également, la conscience des responsabilités qu'il me revenait d'exercer.

De pragmatisme d'abord, il me semble en avoir fait preuve dès ma première intervention à ce sujet. À l'époque, en juillet 2010, j'avais salué la réflexion qui accompagnait le projet de réaménagement des voies sur berges. Mais peu de temps après, en février 2011, j'ai rapidement fait savoir à l'issue de nombreux échanges techniques entre les services de la Ville et ceux de l'État, que le projet tel qu'il était conçu rive droite ne soulevait aucune objection de principe.

Avant même le début de la consultation publique, j'ai cependant estimé de mon devoir d'avertir rapidement et solennellement les membre de cette assemblée, des risques de congestion qui faisait courir la fermeture des quais rive gauche, notamment en amont du carrefour de la Concorde.

Chargé par la loi de définir les règles de circulation applicables aux voies sur berges, il m'appartenait en effet, en tant que Préfet de Police, de veiller à la cohérence du projet avec les politiques franciliennes de déplacement et ainsi de préserver la fluidité d'un des principaux axes de circulation de la capitale. Au fil des mois, à la fin de l'année 2010 et tout au long de l'année 2011, des aménagements de voirie, de nature à lever certaines réserves initiales ont été présentées. De même des mesures destinées à amortir l'impact du projet sur le trafic automobile ont été soumises à mes services.

Pour autant, toutes les incertitudes initiales n'ont pas été levées. J'ai d'ailleurs regretté devant vous qu'un déploiement progressif des aménagements, par phases successives, n'ai pas prévalu. L'idée d'une expérimentation ou d'un test de réalité, comme je l'avais à l'époque dénommé, que j'avais porté, n'a pas non plus recueilli l'assentiment de votre assemblée.

Ainsi dans l'incapacité d'écarter à priori tout risque de congestion au regard des projections fournies par les modèles à notre disposition. J'ai finalement été amené à demander l'inscription dans les conventions entre la Ville et l'État, d'un principe de réversibilité. La pertinence de cette position a été reconnue par les commissaires enquêteurs : l'enquête publique a en effet pris soin de formuler une réserve dans le champ de la circulation, soulignant je cite : « que la réversibilité devait être préservée dans la durée afin que la circulation puisse être rétablie à tout moment sur décision de l'État propriétaire ».

Dans l'enquête publique, cette réserve importante en accompagne un autre relative au développement économique de Ports de Paris.

Huit recommandations sont par ailleurs formulées dont toutes ne portent pas des domaines relevant de ma compétence.

En portant une attention attentive à ces réserves et à ces recommandations, qu'elles relève du champ de compétence du Préfet de Police ou d'une autre réglementation, en souhait que des compléments techniques soient apportés aux différents points soulevés par les commissaires enquêteurs, l'État a agit conformément aux prérogatives que la loi confère au propriétaire des parcelles en question.

Dans son courrier du 12 janvier, je note d'ailleurs que le Premier ministre, je cite « sans renoncer une fois pour toutes à donner un caractère piétonnier aux berges de la Seine, je sollicite des précisions et des études complémentaires que sur des points ayant fait l'objet de réserves ou de recommandations de la part des commissaires enquêteurs » ; ce faisant, l'État est dans son rôle.

Dès lors, s'il est maintenant dans ses formes actuelles dans la rive gauche, le projet de réaménagement des voies sur berges devra faire l'objet d'échanges complémentaires sur ces points précis entre les services de la Ville et ceux de l'État. Dans le champ de compétence qui est le mien, cela supposera notamment que les conditions de recours à la clause de réversibilité soient précisées, mais également que la portée dans le temps et dans l'espace de ce principe soit définie. C'est d'ailleurs ce que j'avais été conduit à demander, lors du conseil de Paris de décembre dernier, un travail complémentaire sur les questions de pollution et de temps de trajets sera également utile.

Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les Conseillers, à aucun moment de nos échanges depuis deux ans, il me semble n'avoir passé sous silence les préoccupations que le projet de réaménagement des voies sur berges a fait naître en matière de fluidité du trafic.

Aujourd'hui, je veux vous assurer, que pour les échanges techniques complémentaires à venir, dans le cadre du nouveau calendrier présenté par la Ville, la préfecture de police saura se montrer à la hauteur des enjeux que ce projet comporte pour les Parisiens et les Franciliens, comme elle n'a pas manqué de le faire depuis pratiquement deux ans.

Je vous remercie.

 
Intervention de Bertrand Delanoë au Conseil de Paris (Séance du 6 février 2012)

Mes chers collègues,

Dans le contrat qu’elle a présenté aux Parisiens en 2008, notre équipe municipale leur avait soumis clairement l’idée de réaménager les voies sur berges. Nous partions d’un constat : il n’est pas possible que l’un des sites les plus beaux du monde, classé par l’Unesco au patrimoine de l’humanité, demeure une voie rapide sans âme, livrée aux voitures, au bruit et à la pollution.

Nous avons donc engagé une démarche rigoureuse, qui a amené le Conseil de Paris à voter à quatre reprises, aux différents stades de la procédure, un projet de rénovation des bords de la Seine. Cette initiative, conduite en concertation avec les Parisiens, devait entrer en vigueur, sur les deux rives de la Seine, dès cet été.

Mais voici que le 12 janvier dernier, par une intrusion stupéfiante, le Premier ministre me signifiait par courrier sa décision de bloquer le projet, sur la rive gauche, entre le Pont Royal et le Pont de l’Alma.

De ce geste arbitraire je dirai d’abord qu’il est singulièrement autocratique. M. Fillon méprise les élus du peuple de Paris, leur légitimité, et le mandat qu’ils ont reçu. Il ignore ses propres services, je veux dire ceux de l’État avec qui nous avons travaillé en bonne intelligence sur ce dossier toutes ces dernières années. Port de Paris, propriétaire du site, dont le conseil d’administration avait confirmé la compatibilité de notre projet avec son propre schéma de développement et qui trouverait dans cet aménagement une source de recettes très significative ; mais aussi l’Architecte des Bâtiments de France, la Préfecture de Police, et jusqu’au Préfet de Région, en tant qu’autorité environnementale. Tous ont été associés étroitement à ce projet, tous ont validé la méthode et les conclusions des études approfondies que nous leur avons transmises. Nous avons travaillé très loyalement avec la Préfecture de police tant sur l’analyse des simulations de trafic que pour déterminer les aménagements de voirie nécessaire. Et nous avons enfin accepté de prendre en compte les deux réserves posées par la commission d’enquête.

De tout cela, le Premier ministre ne se soucie guère. Mêlant avec un cynisme déconcertant ses ambitions personnelles et sa charge d’État, il a pris l’initiative de bloquer, sans motif véritable, un grand projet de notre collectivité au lendemain même de l’annonce de sa propre candidature aux élections législatives à Paris. Les Parisiens jugeront. Ils porteront aussi appréciation sur une vision de la ville qui a cinquante ans de retard. Ce que le Premier ministre nous propose, appuyé sur la droite parisienne, ou plutôt sur une partie d’entre elle, c’est une façon archaïque de faire de la politique, mise au service d’une conception anachronique de la métropole.

Quant à nous, élus responsables, qu’allons-nous faire devant cette nouvelle donne ? Je réaffirme ici notre intention d’honorer notre parole, et de rendre les bords de la Seine aux Parisiens et aux amoureux de Paris. Mais nous nous situons bien sûr dans la légalité, et nous prenons acte, avec regret mais aussi avec détermination, de la situation ainsi créée. Cela signifie, dans l’immédiat, concrètement, deux choses :

  • rive droite, dès la fin de la prochaine édition de Paris Plages, au sortir de l’été 2012, la voie autoroutière sera transformée en boulevard urbain digne de ce nom, comme il s’en trouve tant dans notre ville dont ils contribuent à former l’identité. Ce boulevard comprendra six traversées piétonnes protégées par des feux, deux au niveau des passerelles piétonnes Debilly et Léopold Sédar Senghor; et quatre sur les quais bas. Une promenade sera aménagée de l’Hôtel de Ville au bassin de l’Arsenal. Le long de cette promenade, seront installés des lieux de vie : le jardin de l’Hôtel de Ville revitalisé et replanté, le Pavillon des Célestins transformé en café culturel, quatre barges d’activité installées entre les ponts Marie et Louis Philippe.
  • rive gauche, nous sommes bien décidés à faire aboutir notre projet, dans les conditions prévues, en nous mettant en situation de livrer les 2,5 kilomètres de berges réaménagées, hélas en les différant au printemps 2013. Pour cela, nous saisirons Ports de Paris, avant l’été prochain, d’un projet de convention. Et nous travaillerons pour cette année à des expérimentations d’animations culturelles, sportives ou destinées aux enfants. Nous ne pourrons pas le faire, à ce stade, aux endroits prévus, et notamment pas dans le 7ème, mais nous réfléchirons à des façons de remettre, dès cet été, malgré l’obstruction, de la vie sur les berges de la rive gauche.

Vous le voyez, mes chers collègues, nous sommes non seulement déterminés mais constructifs. Je remercie très chaleureusement Anne Hidalgo pour la créativité, la constance et la patience dont elle fait preuve dans la conduite de ce projet majeur pour l’avenir de notre cité. Et n’en doutez pas, nous sommes résolus à nous donner tous les moyens de rendre, avant la fin de ce mandat, les voies sur berges à leur histoire, à leur avenir, et à leur vie.

 
Intervention de Jean-Pierre Caffet au Conseil de Paris (Séance du 6 février 2012)

Chers collègues,

Le refus de François FILLON d’autoriser la reconquête des voies sur berge de la rive gauche est symptomatique des relations qu’entretient ce gouvernement avec les collectivités territoriales, et notamment Paris.

Il est révélateur d’un refus quasi-systématique de voir l’échelon local rester maître de ses décisions.

Il illustre l’incroyable confusion des genres, d’un premier Ministre piétinant les libertés locales au nom de son plan de carrière.

Pour être parfaitement clair, de quoi s’agit-il ?

Notre ambition annoncée dès 2008 est de rendre les voies sur berge à nos concitoyens. Cette décision n’est pas le fruit d’un hasard mais celui de l’histoire.

Érigées depuis 1967 en lieu dédié à la circulation automobile, les berges de Seine – et la population parisienne et parfaitement d’accord avec cet objectif -, les berges de Seine ont vocation à redevenir ce qu’elles ont toujours été : un lieu de vie unique au milieu d’un site unique.

Nous souhaitons simplement replacer cet espace dans sa filiation historique, offrant par là même une zone de détente, d’activité et de culture pour tous.

Ce projet, nous l’avons mené collectivement, le plaçant avec constance sous le signe du partenariat. Partenariat avec la préfecture de police, la préfecture de région ou l’établissement public Ports de Paris. Toutes les discussions ont été menées avec soin, et toutes les remarques des différents acteurs ont été prises en compte, acceptées et traduites dans les faits.

Je ne prendrai qu’un exemple : lorsque la préfecture, dans son avis du 23 juin 2011, recommandait des aménagements supplémentaires pour améliorer le trafic, ceux-ci ont été dûment prévus, notamment par l’installation d’une troisième voie de circulation sur les quais en amont du pont de la Concorde.

Je parlais d’un partenariat constructif, sans doute devrais-je ajouter de bonne foi, car c’est en réalité ce qui nous occupe ce matin.

Le refus de François FILLON n’est en effet pas dicté par la réalité de ce dossier. Il évoque les attentes de la commission d’enquête publique relative à la réversibilité des aménagements et à la nécessité de préserver l’activité portuaire.

Or, toutes ces réserves ont bel et bien été prises en compte.

Il prétend aussi, toujours le Premier ministre, que le projet souffrirait d’un manque d’études concernant le report de circulation alors que celles-ci ont été menées par la Ville de l’été 2010 au printemps 2011, et validées par les services techniques de l’État.

Ce refus participe en réalité d’un mouvement de plus grande ampleur visant à systématiquement affaiblir la collectivité parisienne.

Les transferts non compensés, la réduction des financements à destination du logement ou des politiques sociales sont autant de signes d’une offensive concertée contre les élus parisiens de la majorité, évidemment, mais aussi, sans doute, contre une partie de l’opposition de droite, divisée sur ce sujet comme sur d’autres.

Outre la confusion des rôles dont se rend coupable François FILLON, à la fois chef de gouvernement et candidat aux législatives – mais sur ce point, il est vrai qu’on lui montre l’exemple au plus au sommet de l’État -, ce sont deux conceptions de l’espace urbain et de la légitimité démocratique locale qui nous opposent.

Oui, les grandes villes mondiales ont changé de visage depuis les années 70.

Leurs habitants défendent une vision renouvelée de leur espace et de son occupation, offrant les mêmes opportunités à toutes les activités, loin d’une ville au seul service de ses voies de communication, surtout lorsque moins de la moitié de ses habitants dispose d’un véhicule.

C’est aussi une conception de la souveraineté locale que nous défendons.

Lorsque le Conseil de Paris s’est prononcé par quatre fois sur ce dossier, il n’est pas acceptable, par le biais d’un simple pouvoir hiérarchique au sein d’un établissement public, de balayer l’expression d’une assemblée locale démocratiquement élue.

Si M. FILLON, plus empressé à devenir député qu’à diriger le gouvernement, se soucie tant de Paris et des Parisiens, il doit impérativement intégrer le fait que Paris ne sera plus jamais une préfecture s’administrant à coups d’arrêtés. L’époque où Jacques Chirac qualifiait les maires d’arrondissements de collaborateurs est désormais révolue.

Les Parisiens, que M. FILLON le comprenne ou non, ne souhaitent pas d’une capitale archaïque, et encore moins rester prisonniers d’un conservatisme poussiéreux.

Quoiqu’il en soit, nous nous réjouissons de la détermination de la Municipalité à mener à bien ce projet malgré les obstacles et les manœuvres du Premier Ministre candidat.

Rendez-vous donc au printemps 2013 pour l’inauguration de la rive gauche des voies sur berge !

 
Intervention de Anne Hidalgo au Conseil de Paris (Séance du 6 février 2012)
Monsieur le Maire.
Chers collègues,

Tout d’abord, permettez-moi de remercier mes collègues de la majorité qui se sont exprimés fort brillamment et avec beaucoup, beaucoup d’envie d’aboutir sur ce projet qui nous unit.

Permettez-moi de vous dire que la lettre que le Premier Ministre a envoyée au Maire de Paris, et qui nous bloque, qui crée effectivement une situation dans laquelle nous ne tiendrons pas le même calendrier que celui qui avait été présenté devant les Parisiens. Cette lettre résulte sans doute d’un manque d’information à bon nombre des questions qui sont posées dans sa lettre sont déjà levées. On y reviendra, mais la question de la réversibilité, des enquêtes sur la circulation qui devraient être absolument d’une grande fiabilité, j’y reviendrai, tout cela est déjà levé.

Un Premier Ministre mal conseillé par ceux qui, il y a quelques mois, proposaient sur un site patrimonial de couvrir la Rive droite d’une dalle gruyère en béton qui devait régler les problèmes. Donc, ce type de conseil, je crois, aurait dû l’alerter sur le fait qu’il y avait un problème de mise en phase avec la population parisienne.

Et mal inspiré parce qu’il a aussi sa responsabilité à avoir écouté ces mauvais conseils et à ne pas s’être informé suffisamment ; mal inspiré, sans doute, comme cela a été très bien dit par mes collègues de la majorité municipale, parce qu’il n’a absolument aucune vision de ce que peut être une métropole durable, de ce qu’est l’écologie urbaine et du mouvement dans lequel toutes les grandes villes françaises, et je le renvoie à l’exemple Bordeaux mais aussi étrangère, sont en train d’engager.

Mal informé aussi parce que si vous ne savez toujours pas que la circulation, depuis 2001, a diminué de 24 %, ce n’est pas étonnant qu’il écrive ce qu’il écrit ; mal informé également s’il n’a pas pu suivre, parce que cela ne lui a pas été dit et qu’il n’a pas cherché l’information là où il fallait, que le réseau de transports publics était effectivement en train d’avancer. D’ailleurs, il aurait dû regarder parce qu’il y a même eu des inaugurations faites par le Président de la République sur un sujet qui, pourtant, le concernait très peu, sur l’amélioration du R.E.R. A et auquel il a participé.

Donc, sur l’amélioration des transports en commun, nous ne l’avons pas attendu. Les choses avancent.

Donc, petit rappel, comme cela a été dit, il y a eu quatre votes. La Ville a respecté toutes les procédures légales, elle a fourni tous les éléments d’étude qui ont été validés pas à pas par les services de l’État.

Sur la méthode, nous nous sommes conformés, bien sûr, aux procédures réglementaires, notamment celles du Code de l’urbanisme, en organisant une concertation préalable qui a mobilisé beaucoup de Parisiens et de Franciliens puisque nous avons élargi cette consultation. Nous avons fait une étude d’impact extrêmement fouillée et au terme de l’enquête publique, qui a été portée à dix semaines au lieu des quatre semaines réglementaires. Nous avons eu des discussions, je les ai qualifiées de fécondes, avec les services de l’État, tous les services de l’État et, bien sûr, ceux de la Préfecture de police également.

Nous avons même, là encore, vous vous obstinez à ne pas vouloir l’entendre, consulté les architectes du Grand Paris et de l’AIGP qui, tous, ont considéré que ce projet-là était un projet parisien, sur lequel la légitimité, effectivement, de son impulsion revenait au Maire de Paris et aux élus de sa majorité. Ils l’ont jugé positivement.

Nous avons eu des avis favorables de l’Autorité environnementale – je vous rappelle que cette autorité est placée sous l’autorité du Préfet de Région, de la commission d’enquête qui a fait état des réserves sur lesquelles le Maire s’est exprimé, mais la réversibilité du projet est garantie, tout comme le demandait la commission d’enquête.

Quant au Port de Paris, puisqu’il était mentionné dans ces réserves, que l’activité économique du port soit respectée, cela a été dit également, le travail que nous avons fait avec Port de Paris, et notamment le schéma directeur du développement du port de Paris, est totalement calé sur celui des voies sur berges. Il est fait vraiment en harmonie avec le projet de Paris et ce projet-là devrait faire gagner plus de 1 million d’euros de recettes au Port de Paris parce que, justement, il permet cette exploitation économique et notamment au port du Gros Caillou, nous avons travaillé étroitement. Je remercie les services de la Ville et Philippe CHOTARD ici présent d’avoir travaillé avec autant de patience, d’acharnement et de compétence, mais en bonne intelligence avec les services de l’État.

Les études de circulation, nous dit-on, devraient être prises, mais, lorsque nous avons travaillé avec la Préfecture de Région, nous nous sommes mis d’accord sur une méthodologie.

D’ailleurs, le 23 juin, vous avez écrit, Monsieur le Préfet, à la Ville pour indiquer que la méthodologie sur laquelle nous nous étions arrêtés était satisfaisante et que c’était un outil partagé.

Je m’interroge sur la remarque faite par le Premier Ministre quant à la méthodologie de comptage, notamment de la circulation, puisque vous-même et ensemble nous avons mis au point cette méthode, parce que les autres méthodes n’étaient pas satisfaisantes et nous en avons inventé une.

De même, nous avons inventé cette solution que vous avez validée, que les services de la Préfecture ont validée, qui permet d’ajouter une file supplémentaire de voitures au niveau du quai Anatole-France vers le pont de la Concorde, ce qui permettra de fluidifier la circulation sur le quai haut, sans pour autant entraver l’existence d’une voie de bus.

Ce travail a été fait, je pense qu’il faut rappeler ces faits.

Concernant l’étude d’impacts, puisqu’on nous dit qu’il faudrait encore plus d’études, je rappelle à ceux qui ne l’ont pas encore entendu qu’un document d’un grand niveau de détail a été fourni à l’Autorité environnementale et fourni lors de l’enquête publique. Ce sont 500 pages accompagnées de 200 pages d’annexes techniques, reprenant la totalité des éléments d’impact, que ce soit sur la circulation ou sur tout autre aspect de notre projet.

Je le disais tout à l’heure, l’avis favorable de l’Autorité environnementale nous a été donné le 21 juin. Il constate le caractère complet de l’étude, cet avis de l’Autorité environnementale souligne que cette étude aborde bien l’ensemble des problématiques, des impacts sur l’environnement et des nuisances du projet.

L’avis indique notamment que l’ensemble des études de circulation – et je le cite – est « de bonne qualité ».

Tout ce travail a été fait. Dire qu’il faudrait encore le refaire, ou en tous les cas qu’il serait incomplet, ne correspond pas à l’avis qui a été porté par les autorités de l’État, étape après étape.

Enfin, un élément a été évoqué par le Premier Ministre, un élément très étrange : des craintes sur les usages des berges au regard de leur caractère patrimonial.

Effectivement, une autoroute urbaine ne pose pas de problème et il n’y a pas de crainte par rapport au fait que cette autoroute urbaine soit sur un site classé au patrimoine de l’humanité, mais que des gens viennent se promener sur des berges avec leurs enfants, en famille, faire du sport ou se balader en été comme en hiver, cela éveille des craintes !

Que l’on vienne m’expliquer quelle est la dangerosité potentielle des familles qui iraient se promener sur les berges, parce que j’ai beaucoup de mal à la voir.

N’étant pas naïfs, nous avons dit que la sécurité ferait l’objet d’une attention particulière. Nous y avons travaillé, j’ai d’ailleurs répondu à vos questions lors du dernier Conseil de Paris, Monsieur le Préfet. Vous savez que la question de la sécurité nous importe, tout comme nous avons apporté des éléments, parce que la lettre du Premier Ministre laisse entendre qu’il y aurait une incertitude sur les usages.

Non, nous sommes venus devant le Conseil de Paris pour demander l’autorisation de lancer un appel à projets. A l’issue de cet appel à projets décidé en Commission d’appel d’offres, nous avons retenu une équipe, laquelle équipe a fait des propositions sur les usages de ces berges. Nous ne sommes donc pas du tout dans l’incertitude.

Peut-être qu’ici, ceux qui conseillent le Premier Ministre dans son atterrissage parisien dans la deuxième circonscription de Paris ont oublié de lui remettre ces documents.

C’est dommage parce que, par conséquent, il lui manque tout de même des éléments de compréhension du terrain sur lequel il envisage cet atterrissage.

Bref, je voudrais conclure en disant à mes collègues et en vous disant, Monsieur le Maire, que, à vos côtés, nous sommes déterminés.

Déterminés d’abord à montrer la légitimité des élus que nous sommes, élus légitimes du suffrage universel, à porter un projet d’aménagement pour notre ville, la Ville de Paris.

Deuxièmement, nous sommes déterminés à faire en sorte que la réalité de ce beau projet, qui s’inscrit pleinement dans cette mutation urbaine que connaît notre ville, dans quelque chose de pacifié, dans la reconquête pour les usagers, les citoyens et les amoureux de Paris, de ses espaces magnifiques, nous sommes déterminés à avancer, même si le calendrier est modifié.

Nous ferons en sorte que cet espace magnifique soit enfin redonné à ceux qui en auront le meilleur usage, c’est-à-dire aux citoyens et aux amoureux de Paris.

Merci.

 
Intervention de Michel Dumont au Conseil de Paris (Séance du 6 février 2012)

Merci, Monsieur le Maire.

Monsieur le Maire, vous nous demandez d'approuver ce matin un projet de délibération relatif au programme 2012 d'aménagement cyclable dans le cadre du plan Vélo et de l'aménagement des berges de la Seine avec les subventions correspondantes.

Or, comme vient de le dire ma collègue, ce projet ne peut plus être voté en l'état puisqu'il porte en partie sur des aménagements de la voie express rive gauche, qui n'ont plus de raison d'être depuis la décision du Premier ministre de ne pas signer de convention entre l'Etat, propriétaire des berges via le Port autonome de Paris, et la Ville sur la mise à disposition de la voie sur berge.

Vous devez donc retirer cette délibération de l'ordre du jour de notre séance pour la représenter à un prochain Conseil de Paris, amendée de cette partie. Cette demande de pure forme ne mérite donc pas de longs débats. Il vous faut retirer les paragraphes et le dossier spécifique relatifs à la voie sur berge rive gauche.

Néanmoins, je ne peux éviter de relever les propos désobligeants de votre adjointe, Anne HIDALGO, rapportés dans un article de presse à propos de projets d'aménagement des quais, en réaction à la décision du Premier ministre. Je cite le propos rapporté : "François Fillon nous fait perdre du temps".

Cette réaction est affligeante. En réalité, ce sont, d'une part, votre précipitation et, d'autre part, les approximations de votre dossier qui nous ont fait perdre du temps. Nous l'avons souligné, tout au long du débat depuis deux ans, en marquant votre refus de toute concertation.

Il est donc réconfortant de voir que le Premier ministre a pris la mesure de l'enjeu négatif du projet, tel qu'il était présenté pour notre ville. La justification de sa position repose sur les incertitudes des modèles de report de la circulation retenus par l'étude d'impact, relevés par la Commission d'enquête, l'absence réelle d'offres alternatives de transports collectifs, comme l'impossibilité pour la commission d'enquête publique de déterminer sa position sur les nuisances engendrées par le projet. Il demande donc simplement que l'Etat puisse disposer d'une étude la Ville, précise et indiscutable, relative au report de circulation envisageable.

Monsieur le Maire, retirez cette délibération telle qu'elle est présentée pour la représenter sur la partie relative à la voie sur berge rive gauche. Dans le cas contraire, nous ne pourrons voter ce projet, malgré les autres dispositions positives qu'il comporte, bien que nous exprimions certaines craintes sur la possibilité pour les cyclistes de s'affranchir des feux tricolores.

Je vous remercie.

 
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