Fermeture des voies sur berges de la Seine à Paris

Intervention de Gilles Alayrac au Conseil de Paris (Séance du 6 juillet 2010)
Gilles ALAYRAC

Monsieur le Maire,
Mes chers collègues,

Les parisiens ont la chance de vivre dans une ville traversée par un fleuve navigable et dans un cadre tellement beau qu’il est classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

Or, ce site unique ne leur appartient pas tout à fait, pas plus qu’aux centaines de milliers de touristes qui n’en connaissent qu’une partie seulement et ne bénéficient pas de tous ses attraits.

Pour les promeneurs, pour les cyclistes, la continuité le long de la Seine n’existe pas du fait de la place qui est réservée aux infrastructures dédiées au trafic automobile.

Jusqu’au début des années 2000, ni l’État ni les municipalités parisiennes ne se sont souciées de remédier à cet état de fait, tant on considérait comme inéluctable, la place qui revenait à la voiture.

Avec Paris Plage, la mairie a tourné cette page, pour se lancer à la reconquête des voies sur berges et, avec l’aménagement qui nous est maintenant proposé, à leur embellissement.

Nous avons la possibilité de renforcer encore l’attractivité touristique de la capitale par cette opération.

La zone concernée par les propositions d’aménagements, se trouve en plein dans ce que l’on pourrait appeler, le « triangle d’or » du tourisme à Paris.

  • à titre d’exemple, avec la proposition de traversée piétonne en surface entre le palais de Tokyo et le musée du quai Branly, on touche un nombre considérable de promeneurs et touristes : le musée du quai Branly attire 1,3 millions visiteurs par an,

  • la liaison piétonne réaménagée entre les Tuileries et le musée d’Orsay est également une opportunité de valoriser un passage qui n’est pas aujourd’hui exploité à sa juste valeur : le musée d’Orsay, c’est 3 millions de visiteurs chaque année.

Ces aménagements auront pour conséquence une augmentation de la fréquentation piétonne des quartiers traversés : mécaniquement, l’activité économique s’y intensifiera.

Ce qu’il faut souhaiter aussi, c’est que le schéma d’aménagement accorde une place significative permettant à l’activité des bars, restaurants, cafés, ainsi qu’aux artisans et commerces indépendants, d’exister et de dynamiser ces voies.

La réouverture de quais aujourd’hui réservés aux seules voitures, doit permettre la création de richesse à travers d’abord une nouvelle exploitation portuaire. Ainsi de nouveaux bateaux pourront-ils accoster entre Alma et Solférino.

Il faudra aussi songer à la reconversion des lieux aujourd’hui désaffectés comme sous le pont Alexandre III pour y implanter de l’activité économique.

L’activité économique peut aussi être l’activité festive. Ces nouveau lieux situés sous les arches de ponts ou sur les quais bas, pourraient, peut être, accueillir de nouveaux espaces ouverts à la vie nocturne dont on sait qu’à Paris, elle se heurte de plus en plus à l’hostilité des riverains. Nous avons là l’occasion d’offrir aux noctambules de nouveaux emplacements peu ordinaires et non susceptibles de gêner qui que ce soit.

Nous avons eu un débat nourri sur ce projet d’aménagement des voies sur berges en conseil du 15e arrondissement où il a été relevé qu’il n’atteindrait pas l’arrondissement

Et pour cause.

Le Port Autonome de Paris semble être aujourd’hui un obstacle physique insurmontable.

Je le regrette car on aurait pu imaginer que, sans renoncer à ses activités, il concède au moins un passage assurant une continuité de promenade.

Je sais qu’actuellement la Ville en discute et, Mme Hidalgo, on doit souhaiter que cette demande aboutisse.

J’espère qu’avec le Port Autonome nous aurons un interlocuteur un peu plus constructif que ne l’est Réseau Ferrée de France qui bloque depuis des années l’aménagement de la voie ferrée de la petite ceinture.

Peut être d’ailleurs que Messieurs Goujon et Lamour, inconditionnels partisans du gouvernement, pourront faire jouer leur influence auprès de leurs amis au pouvoir pour faire aboutir ces deux projets.

La droite du 15e se plaint que l’arrondissement ne soit pas encore intégré au projet des voies sur berge.

N’y a-t-il pas là une forme de schizophrénie à critiquer un projet accablé de toutes sortes de reproches, et d’abord de manquer d’envergure, et à vouloir, en même temps, en bénéficier dans le 15e ?

Laissons, mes chers collègues, la droite à ses contradictions et à sa difficulté de se positionner par rapport à tout ce que la municipalité fait et qui change progressivement notre ville.

Pour nous, l’essentiel, c’est la reconquête et l’embellissement d’un site magnifique qui mérite, enfin, qu’on lui accorde tout l’intérêt qu’il mérite.

Je vous remercie.