Fermeture des voies sur berges de la Seine à Paris

Intervention de Anne Hidalgo au Conseil de Paris (Séance du 6 juillet 2010)
Anne HIDALGO

Ce projet est ambitieux parce qu’il s’agit de redonner cet espace extraordinaire aux Parisiens, aux habitants de la métropole et aux amoureux de Paris, mais réaliste parce qu’effectivement il a été tenu compte qu’un certain nombre de particularités, et notamment le fait que l’on ne traite pas de la même façon la rive droite et la rive gauche.

Nous considérons que transformer ce qui existe rive droite en un boulevard urbain, c’est-à-dire permettant différents usages en réduisant la vitesse des véhicules, en permettant aux piétons d’accéder à la Seine et à un certain nombre d’espaces qui pourront être construits sur des barges, des espaces de loisirs, de détente, de promenade ou des cafés est une façon réaliste et ambitieuse de proposer ces aménagements.

Sur la rive gauche, il y a déjà des parties entières de ces quais qui ne sont pas circulées, et sur lesquelles il est possible de faire des propositions, propositions tournant autour de trois idée : la nature, la culture et le sport.

L’attractivité de Paris, son attractivité internationale et donc, aussi, son attractivité économique puisque le tourisme joue un rôle particulièrement important dans l’économie de la capitale, a bénéficié des aménagements, des évolutions urbaines conduites depuis 2001 : « Paris Plage », « Nuit Blanche » ou Vélib.

Le projet de loi du Grand Paris ne peut pas être mis sur le même plan que le travail ambitieux des architectes qui ont permis à l’Exécutif de penser la métropole de demain.

Les architectes de la consultation conduite par le Président de la République, nous ont fait percevoir que ce qui fait la compétitivité et l’attractivité économique de Paris, c’est le fait d’avoir des infrastructures de transports collectifs, une main d’œuvre qualifiée, des entreprises présentes sur le territoire, mais aussi une qualité de vie qui est reconnue dans le monde comme un élément très spécifique de Paris et qui constitue un élément au moins aussi important de son attractivité économique.

L’UMP poursuit un objectif unique : sauvegarder à tout prix la place de l’automobile et finalement elle demeure accrochée à un modèle d’aménagement urbain né en 1967, mais il lui est difficile de prétendre vouloir faire la ville durable et laisser les voitures circuler en grand nombre.

L’Exécutif mise avec le projet d’Autolib’, sur le fait qu’il faut permettre aux voitures non polluantes électriques de pouvoir circuler dans Paris, mais sur un mode qui n’est pas celui de la voiture individuelle mais celui d’un service public. Même si ces voitures auront un impact plus positif sur l’émission de particules, le fait qu’il y ait plus de voitures dans Paris, plus de voitures dans la métropole n’est pas acceptable : il n’est pas possible de prôner l’accélération et l’augmentation du trafic automobile, même avec des voitures électriques.

Les architectes du Grand Paris ont dit combien la ville dense, la métropole post-Kyoto devait respecter les corridors écologiques et la Seine est un corridor écologique donc le rapport à ce fleuve doit être un rapport beaucoup plus pacifié et il était indigne que ce rapport soit uniquement traité sous l’angle d’une autoroute urbaine alors qu’il faudrait profiter de ces paysages magnifiques.

Le projet de l’UMP n’a certainement pas été soumis aux architectes des Bâtiments de France, par ailleurs, M. TIBERI, en 1999, avait fait voter une charte, en Conseil de Paris, sur les prescriptions architecturales et paysagères concernant la Seine, pour tenir compte du fait que ce paysage magnifique est classé au patrimoine mondial de l’humanité, et il semble que l’UMP n’en a pas tenu compte tant elle est obsédée par l’unique idée de laisser la place aux voitures, de surtout ne rien changer.

La concertation qui s’ouvre maintenant va permettre, à travers les réunions publiques dans les arrondissements, d’affiner les propositions, et nous avons jusqu’à la fin de l’année pour travailler avec les Parisiens, avec les Franciliens et avec les habitants de la métropole.

La concertation métropolitaine est un élément très important et M. MANSAT est extrêmement impliqué avec l’ensemble des élus de la métropole, d’ailleurs Paris Métropole a souhaité de façon extrêmement volontariste que ce projet des voies sur berges fasse partie des 110 propositions.