Fermeture des voies sur berges de la Seine à Paris

Interventions (8 février 2011)
Intervention de Anne Hidalgo au Conseil de Paris (Séance du 8 février 2011)
Merci beaucoup, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, je me réjouis du débat très dense que nous avons eu ce matin et qui vient conclure une période de concertation de six mois.

M. LAMOUR a parlé tout à l’heure d’une concertation pour rien, j’ai quand même plutôt le sentiment que c’est une concertation qui a été menée dans un temps maîtrisé et qui a permis d’associer énormément de Parisiens, de Franciliens, au travail que nous sommes en train d’élaborer sur les voies sur berges.

D’abord, je le redis, nous nous étions vus cet été, on avait jeté les bases de ce que pourrait être ce projet des voies sur berges. J’avais lancé la concertation en expliquant comment elle allait se dérouler : concertation dans les arrondissements, concertation également avec les habitants de la métropole et les élus de la métropole.

C’est une concertation que nous avons voulu innovante, en associant notamment des enfants. Là aussi, Monsieur LAMOUR, n’opposez pas la légitimité des enfants, futurs citoyens, à celle de la Chambre de Commerce. Soyez un peu ouvert au monde et ouvert à l’énergie que nous apporte la jeunesse de notre ville.

Donc, cette concertation a été menée et je voudrais, à ce stade, vraiment remercier non seulement mes collègues de l’Exécutif parisien, qui ont conduit ces réunions, je pense bien sûr à Annick LEPETIT, à Pierre MANSAT, à Hamou BOUAKKAZ, à Anne LE STRAT, mais également à Colombe BROSSEL, Fabienne GIBOUDEAUX ou encore Christophe GIRARD, qui m’ont accompagnée dans beaucoup de ces réunions.

Je voudrais aussi saluer le travail très intense qu’a fait notamment l’A.P.U.R., qui n’est pas un petit atelier, un petit service, c’est un atelier d’urbanisme qui nous est envié par beaucoup. D’ailleurs, il contribue très fortement à toute la réflexion métropolitaine et est directement lié au futur A.I.G.P.

Je voudrais aussi remercier, bien sûr, le Secrétariat général de la Ville, l’ensemble des fonctionnaires et les collaborateurs qui ont permis d’avancer pendant ces six mois, de façon extrêmement précise, sur tous les sujets que nous avions à aborder.

Je remercie également les services de l’Etat, notamment vos services, Monsieur le Préfet, mais aussi les relations que nous avons pu avoir avec vous, avec la Préfecture de Région, parce que je dois dire que cela s’est fait dans un esprit totalement constructif.

Chacun a évoqué effectivement les points sur lesquels on souhaitait pousser la réflexion et les études. Mais, comme vous l’avez dit dans votre intervention, nous partageons un horizon commun, celui de la diminution des voitures à Paris. Je voudrais vous remercier du travail qui a pu être fait avec vous et avec vos services, comme avec Port de Paris.

Pour aller plus rapidement et répondre à certaines des questions, dans plusieurs interventions, notamment de l’U.M.P., vous nous avez expliqué qu’on allait à nouveau contre le sens de l’Histoire, puisque le sens de l’Histoire serait toujours celui de la place de la voiture qu’il ne faudrait absolument pas revoir à Paris.

Eh bien, je vous dis, mes chers collègues de l’opposition : voyagez un peu, ouvrez vos horizons, allez voir ce qui se passe dans les autres villes du monde ! Vous verrez qu’il y a là une culture urbaine, une culture de l’écologie urbaine, qui est vraiment partagée par des villes qui sont d’ailleurs dirigées, parfois par des conservateurs, parfois des gens qui sont plutôt des progressistes, mais partout, dans toutes les villes du monde, il y a cette volonté de diminuer la pollution atmosphérique en diminuant la place de la voiture.

Nous, nous le faisons avec ambition et avec pragmatisme. C’est vrai que le choix que nous avons fait, et que nous maintenons - c’est pourquoi je dis à nos amis “Verts” que nous n’accepterons pas les vœux qui poussent à fermer aujourd’hui la rive droite -, nous le faisons avec pragmatisme parce que nous avons bien étudié les conditions, notamment de circulation et d’usage, des deux voies, rive droite et rive gauche. C’est cette ambition écologique de qualité de vie, mais aussi ce pragmatisme qui nous a guidés.

Mes chers collègues de l’opposition, vraiment, voyagez ! Partagez, notamment dans les associations de maires internationales qui se réunissent, partagez avec eux leur vision urbaine ! Vous verrez, vous allez être bientôt les derniers des Mohicans défendant une vision de la ville qui doit continuer, devrait continuer à s’organiser autour de la voiture ! Nous ne sommes plus à l’ère des Trente Glorieuses et notamment des années soixante-dix où il fallait construire la ville autour de la voiture.

Je voudrais vous dire aussi, assez rapidement, vous avez tous exprimé, notamment à l’U.M.P., mais aussi au Nouveau Centre, l’idée qu’il faudrait consulter l’A.I.G.P. On les a réunis d’ailleurs vendredi soir et cela s’est très bien passé Pierre MANSAT, le Maire de Paris, le Président de la Région, le Président de Paris Métropole, le Président de l’A.M.I.F., nous étions réunis avec - les 10 équipes n’étaient pas là - neuf équipes - il manquait l’équipe italienne de Bernardo SECCHI, mais les neuf autres équipes étaient là - et nous avons eu une réunion que tous ont qualifiée d’historique, tant l’envie de travailler ensemble sur les projets métropolitains est forte, tant, également, il y a, je crois, de la confiance entre les architectes du Grand Paris et les élus de nos collectivités.

Je voudrais vous le dire, parce qu’il ne faudrait pas que vous jouiez à instrumentaliser les uns et les autres. J’ai entendu d’ailleurs une forme d’instrumentalisation de M. le Préfet de police lorsque, parfois, certains élus de l’U.M.P. reprennent vos propos en disant : “c’est au nom du Préfet de police qu’on s’exprime en tant que membre de l’U.M.P.” ; j’ai eu l’occasion de dire dans les médias que je trouvais que ce n’était pas une bonne façon d’appréhender ce qu’est le rôle d’un Préfet et d’un haut fonctionnaire que je respecte. Je pense que chacun doit rester dans son rôle, tout comme vis-à-vis de l’A.I.G.P., chacun doit rester dans son rôle. Rester dans son rôle, c’est quoi ? C’est ne pas penser… Surtout, n’imaginez pas une seconde que les architectes qui sont des grandes gueules, des gens très libres, très indépendants, instrumentalisables par personne, vont s’amuser à répondre à votre requête pour venir bloquer le projet de Paris. En tout cas, ils n’en ont absolument pas l’intention.

En revanche, que nous les sollicitions d’ici l’élaboration du dossier de l’enquête publique pour qu’ils nous apportent leur avis, leurs idées, sur ce que peut être ce beau paysage de la Seine dans sa Métropole et dans Paris, c’est déjà chose faite, puisque nous avons prévu, effectivement, de recueillir leur avis, mais surtout, respectez chacun dans la fonction qui est la sienne et n’essayez pas de faire jouer des rôles politiciens à des gens qui jouent des rôles soit de haut fonctionnaire, soit d’architecte, qui nous ont dit très précisément d’ailleurs qu’ils n’entendaient absolument pas le rôle de l’A.I.G.P. comme une rôle de super architecte voyer du Grand Paris ou même de super architecte des Bâtiments de France.

Je vous le dis, parce qu’il vaut mieux que chacun soit sûr de ce qu’il avance.

L’A.I.G.P., oui, on va travailler avec eux, mais dans l’indépendance et la liberté qui est la leur est sans qu’ils souhaitent d’ailleurs bloquer notre projet.

Je poursuis les réponses.

Madame CUIGNACHE-GALLOIS nous a dit que, notamment, l’économie parisienne souffrirait. Je vous rappelle quelques chiffres quand même : 600 entreprises créées à Paris par semaine, 3.000 par an, 30.000 habitants de plus par an, donc je crois que là-dessus, l’attractivité de l’économie parisienne n’est pas en cause. Là aussi, c’est une vision très étriquée que de penser qu’il faudrait figer la ville dans son fonctionnement des années soixante-dix pour obtenir la croissance des années soixante-dix. Cela ne marche pas comme cela, ce n’est pas du tout comme cela que cela fonctionne aujourd’hui !

Nous le savons, l’attractivité de notre ville, c’est aussi la qualité des espaces que nous proposons et quand Annick LEPETIT a reçu notamment les taxis, les professions des taxis, et qu’ils lui ont dit : “nous considérons que ce projet, même s’il va nous compliquer un peu la vie, apportera de l’attractivité supplémentaire à Paris et donc, pour cela, nous sommes pour et nous demandons des adaptations pour avoir des déposes rapides pour pouvoir acheminer des visiteurs, des touristes, etc.”, nous répondons “oui”, mais, vous voyez, ils sont plus constructifs que vous et pourtant, ils sont quand même aux premières loges derrière leur volant tout au long de la journée à Paris.

Je voudrais également, bien sûr, répondre à Christophe NAJDOVSKI. D’abord, lui dire que je prends acte, nous prenons acte d’ailleurs depuis longtemps, des points de différence, notamment sur la question du traitement de la Rive droite.

Un certain nombre de vœux qui sont présentés par le groupe “Europe Ecologie - Les Verts et apparentés” sont déjà dans la délibération, donc je vous renverrai à la délibération gentiment ; je crois qu’on est d’accord là-dessus. Il y a vraiment beaucoup de choses qui ont été reprises dans vos vœux qui sont déjà dans la délibération.

En revanche, nous sommes tout à fait d’accord pour dire que “Voguéo” doit être un transport à réactiver. Je voudrais vous préciser, là aussi, qu’on n’a pas attendu le débat aujourd’hui, puisque Annick LEPETIT, avec Pierre MANSAT, au sein du S.T.I.F. et avec également Bernard GAUDILLÈRE qui y siège ont déjà porté cette question depuis plusieurs mois et que nous allons la porter, y compris avec nos collègues voisins des communes limitrophes.

Je voudrais vous dire qu’en ce qui concerne le “Paris respire le samedi”, le Maire l’a dit tout à l’heure, non, nous considérons que là, ce serait un pas qui poserait de vrais problèmes et nous voulons qu’il y ait une adhésion à ce projet et nous pensons qu’avec son caractère ambitieux et responsable que nous proposons aujourd’hui, il y a de quoi créer de l’adhésion.

Je voudrais dire également à Christophe NAJDOVSKI qu’il a raison, tout comme, tout à l’heure, Michèle BLUMENTHAL, d’évoquer notamment les quais du 12e arrondissement et la liaison autour du port de l’Arsenal, c’est un sujet qui est très cher à Michèle BLUMENTHAL et c’est un sujet qui a été porté par les conseils de quartier du 12e arrondissement. Rendons à César ce qui revient à César, ce sont les conseils de quartier du 12e, qui ont été fortement impliqués par la mairie du 12e, qui ont porté ces propositions que nous allons retrouver dans notre projet de délibération.

Je voudrais, bien sûr, dire à Ian BROSSAT que je me réjouis de ses propositions et que la question de la fluidité des transports, le fait d’avoir une offre de transport qui arrive en même temps que les aménagements, est quelque chose qui nous guide.

Je l’avais dit au mois de juillet, une partie du réseau ferré va vraiment être renforcée entre 2011 et 2013, c’est-à-dire au moment de la mise au point de nos voies sur berges reconquises ; je pense à l’automatisation de la ligne 1, je pense également au redéploiement progressif des rames à deux niveaux sur le RER A, mais nous sommes d’accord pour aller d’ailleurs dans le sens également proposé par “Europe Ecologie - Les Verts et apparentés” et mon groupe, vers l’idée qu’il faut une offre de transport, notamment de bus, accrue ; c’est un point extrêmement important pour nous.

C’est donc un “oui” au vœu formulé, tout comme c’est un “oui” également au vœu formulé par Alexis CORBIÈRE sur la question des S.D.F. sur les voies sur berges, puisque nous savons qu’ils n’y habitent pas mais ils y sont, malheureusement, contraints.

Quelques mots aussi à Mme DATI qui nous a reparlé de sa consultation. Ecoutez, il suffisait d’être là le jour où nous avons présenté cette délibération et le sondage fait par l’I.F.O.P. pour entendre, non pas les élus de la majorité parisienne, mais le directeur de département de l’I.F.O.P., Frédéric DABI, qui, quand même, s’est étonné qu’on puisse mettre sur un même plan ce sondage et quelque chose qui relève d’une consultation dans laquelle vient voter qui veut… C’est vrai, il y avait un huissier qui a constaté qu’il y a des gens qui avaient voté et qu’ils avaient voté à 90 % contre le projet des voies sur berges, mais enfin, les méthodes scientifiques, comme l’a rappelé d’ailleurs Jean-Pierre CAFFET, d’un sondage fait selon des règles très strictes d’échantillonnage, de panel, n’ont quand même rien à voir avec ce que vous avez fait. Vous aviez tout à fait le droit de le faire, mais n’opposez pas quelque chose qui est fait selon des règles scientifiques et quelque chose qui ne l’est pas !

Je voudrais rassurer Mme DATI, parce que j’ai l’impression qu’elle n’a pas totalement compris - je ne vais peut-être pas la rassurer - que nous ne voulons pas supprimer les couloirs de bus, Madame DATI, mais non, on ne supprime pas les couloirs de bus ! Cela figure d’ailleurs noir sur blanc dans la délibération, nous sommes très attachés d’ailleurs aux couloirs de bus, et notamment sur le quai Anatole-France.

Je pense, Madame DATI, que vous n’êtes pas très constructive. C’est dommage de ne pas être très constructive et de véhiculer une vision aussi passéiste de Paris, mais bon, comme le disait le Maire tout à l’heure, peut-être devons-nous nous en réjouir.

En tous les cas, moi, je pense que l’on ne porte bien que des sujets pour lesquels on a une conviction. Nous, nous avons une conviction écologique et urbaine que nous portons avec ce projet des voies sur berges.

En tous les cas, je voudrais remercier aussi les orateurs de mon groupe, les maires d’arrondissement, notamment Michèle BLUMENTHAL, Jérôme COUMET, et Dominique BERTINOTTI, qui se sont beaucoup impliqués, qui ont beaucoup mobilisé les conseils de quartiers, ce qui sera fait autour du 4e et du 12e arrondissement, mais aussi dans le 13e arrondissement sera très intéressant pour l’ensemble des riverains...

Merci, et permettez-moi de remercier ceux qui sont dans une attitude constructive.

En ce qui concerne les maires qui sont dans cette attitude constructive, je voudrais dire à Dominique BERTINOTTI que comme elle, je partage cette idée que nous devons absolument profiter de l’aménagement de ces voies sur berges pour mieux travailler et mieux traiter la question du dernier kilomètre.

D’ailleurs, le port de Paris se situe aussi dans cette optique, et je sais notamment qu’au port d’Austerlitz, à certains endroits sur les quais, le port de Paris souhaite vraiment que nous travaillions de la même façon que cela avait été fait dans la première mandature avec la gare de Bercy, qui permet d’acheminer les marchandises des Monoprix par rail, qui sont ensuite développées par véhicule électrique dans les magasins. L’idée du port de Paris est de pouvoir travailler de la même façon en utilisant le quai ; je voudrais donc vraiment aller dans ce sens-là.

Simplement, pour conclure, je vais vous dire les étapes à venir.

Je continue à porter ce projet, au nom de notre Exécutif et de notre majorité, avec beaucoup de conviction et avec le sentiment d’être soutenue par une grande majorité des Parisiens. Je suis très sereine et très enthousiaste avec mes collègues sur ce dossier depuis le début parce que nous savons que nous sommes très soutenus, que cela répond vraiment à une aspiration très forte.

Que cela correspond également au sens de l’histoire des grandes métropoles durables du XXIe siècle. Je porte donc cela avec beaucoup de sérénité et de conviction.

Je conçois que vous ne soyez pas d’accord, c’est votre affaire. Les clivages en politique sont sains : cela permet de se démarquer et à nos concitoyens de choisir, le moment venu, sur des choses qui ne sont pas de l’ordre de... bref, je ne vais pas utiliser des termes qui fâcheraient… de l’ordre des sujets de fond.

Je me réjouis de cette différence entre nous.

Je voudrais vous dire que nos concitoyens, les Parisiens, les Franciliens, qui se sont prononcés nous disent qu’ils ont envie de se promener, de flâner, de jouer avec leurs enfants, de profiter de ces espaces magnifiques pour y faire du sport, pour être ensemble, toutes générations confondues.

C’est ce qu’ils nous disent ; je regrette que vous ne les entendiez pas, mais nous, nous les avons bien entendus. À l’issue de cette séance et de ce débat, où nous tirons le bilan de la concertation, nous allons élaborer le dossier pour l’enquête publique qui doit être présentée, et sur laquelle il y aura à nouveau une concertation très large avec un commissaire enquêteur.

Nous reviendrons à l’issue de l’enquête publique devant le Conseil de Paris avant l’été et ensuite, lorsque le vote définitif aura eu lieu en tenant compte des remarques du commissaire enquêteur, nous pourrons procéder, nous l’espérons, comme cela sera décidé démocratiquement, je l’espère dans cette enceinte, de mettre en œuvre ce beau projet pour Paris auquel nous tenons, et auquel les Parisiens tiennent également.

Je vous remercie.

 
Intervention de Jean Tibéri au Conseil de Paris (Séance du 8 février 2011)
Je partage tout à fait, vous l’imaginez, la position générale du groupe, qui a été développée par les différents orateurs et notamment par M. LAMOUR, et l’idée générale d’un aménagement ne me gêne pas du tout.

D’ailleurs, sur le plan du 5e arrondissement, l’aménagement existe déjà. Je souhaite, en revanche, qu’il y ait une expérience, et surtout que tout cela se fasse lorsque les transports en commun annoncés seront présents.

Pour l’aménagement du 5e existant, c’est l’occasion de rappeler qu’il serait intéressant d’y consacrer quelques crédits, parmi ceux que vous envisagez, pour son amélioration.

Les conséquences dans le 5e arrondissement sont importantes sur le plan de la circulation, sur les quais de la Seine et sur le boulevard Saint-Germain.

Lorsque les berges sont fermées, la circulation est impossible sur les quais et sur le boulevard Saint-Germain. Donc, il y a une inquiétude manifestée par les habitants et les commerçants, sur le plan de la pollution atmosphérique et de la pollution sonore, notamment dans les quartiers Sorbonne et Saint-Victor.

Je regrette que dans ce dossier, important, ne figurent pas certains comptes rendus, notamment des réunions qui ont eu lieu à la mairie du 5e où il y avait plusieurs centaines d’habitants. Nous les avons organisées en lien avec M. MANSAT, et elles se sont passées dans d’excellentes conditions, où toutes ces préoccupations et les plus grandes réserves ont été exprimées par plusieurs centaines d’habitants.

Peut-être, Monsieur le Maire, saurons-nous pourquoi il n’y a pas eu le compte rendu de ces réunions extrêmement importantes ?

 
Intervention de Jérôme Coumet au Conseil de Paris (Séance du 8 février 2011)
Merci, Monsieur le Maire.

M. d’ABOVILLE est tellement fort qu’il arrive même à ramer à contre-courant.

Je souhaite me réjouir d’une telle distance entre l’Opposition municipale et l’opinion des Parisiens. C’est vrai que, pour le membre de la Majorité que je suis, cela m’est agréable.

Mais il y a tout de même un élément nouveau. Ce qui est le plus étonnant, c’est la distance qui est en train de se créer entre les élus U.M.P. (ou plus largement de l’Opposition municipale) et leurs propres collègues d’Ile-de-France, eux-mêmes U.M.P.

M. TRÉMÈGE s’étonne d’un travail itératif, mais il n’en a pas écouté les conclusions.

Lors de la grande réunion organisée à l’Institut de la Mode et du Design, j’ai été étonné de voir des nombreux élus franciliens et notamment des communes limitrophes venir exprimer leur solidarité avec la Ville de Paris, leur intérêt pour cette démarche, que certains entament également dans leur commune et venir dire qu’ils trouvaient cette action légitime et souvent qu’ils l’approuvaient. Ces élus représentaient tout l’échiquier politique des communes d’Ile-de-France.

Chers collègues de l’U.M.P., vous avez trouvé un seul véritable soutien dans cette opposition d’arrière-garde, finalement très réactionnaire, c’est le Conseil général des Hauts-de-Seine.

Je livre cette remarque à votre sagacité.

Revenons à cette concertation sur les berges de Seine.

Il y a eu une deuxième surprise.

Comme dans toutes les concertations, nous avons entendu des critiques, des préventions, des oppositions et, de manière plus générale, des questions somme toute bien légitimes.

Mais, je crois que c’est une première, nous sortons de cette concertation avec une adhésion plus forte des Parisiens et un projet plus ambitieux qu’au début.

Oui, cela me semble une première. Mais cela ne m’étonne guère, finalement. Je sais qu’il n’y a pas de plus belle perspective que de reconquérir l’accès à l’eau, l’accès à la mer ou au fleuve. Au fil du temps - je n’oserais dire au fil de l’eau - cet accès a été rogné par des installations industrielles, car l’eau était le moyen souvent mobilisé pour les transports lourds.

Ce mouvement de reconquête, nous le retrouvons dans bien d’autres villes. Regardez Barcelone qui a reconquis son front de mer, Lyon ou Bordeaux qui réaménagent leurs quais. Il s’agit là aussi de réussites remarquables !

Dans le 13e arrondissement, nous avons un quartier de la Gare. Ce n’est pas en référence à la gare d’Austerlitz, comme on le croit souvent, mais à une gare d’eau, à un port. Le 13e arrondissement, au fur et à mesure des installations industrielles et de l’arrivée de la gare de chemin fer cette fois-ci, fut coupé de la Seine.

Je peux témoigner, en tant que maire d’arrondissement, de l’enthousiasme des habitants du 13e à l’idée de pouvoir à nouveau regagner le fleuve, de pouvoir se promener sur les berges, de pouvoir rejoindre le parc de Bercy par la passerelle Simone de Beauvoir. Et pour les publics jeunes, c’est bénéficier des animations des péniches culture ou se baigner dans la piscine sur Seine.

C’est sans doute la force de ces exemples qui a conduit à élargir la réflexion, à renforcer les interventions dans les 4e, 12e, 13e et 15e arrondissements, et décider notamment - c’est une proposition que je portais - d’engager au plus vite des aménagements au niveau du quai d’Austerlitz, pour permettre la constitution d’un véritable linéaire entre Jussieu, le Jardin des Sculptures du 5e, l’Institut de la Mode et du Design, le port de Tolbiac avec ses animations et la piscine sur Seine. Bientôt le lien entre 5e et Ivry pourra être réalisé.

Bien des lieux de promenade, d’animation, de sorties familiales s’ouvriront aux Parisiens. “Paris Plage” ne sera pas que l’été et, Monsieur le Maire, je vous en remercie.

 
Intervention de Gérard d’Aboville au Conseil de Paris (Séance du 8 février 2011)
Merci, Monsieur le Maire.

Des moyens considérables ont été déployés pour cette concertation et, comme il a été dit, 2.284 contributions, cela fait à peine un Parisien sur 1.000 et moins de deux habitants sur 10.000 de l’agglomération parisienne, par rapport à l’objectif déclaré de faire s’exprimer l’ensemble des Parisiens, de recueillir l’avis et les propositions des métropolitains.

Vous criez victoire, j’appelle cela un fiasco.

Quant au bilan de cette concertation, il est parfaitement tendancieux. Le poids accordé aux réponses est sans mesure avec leur importance relative.

De nombreuses contributions émettent les plus vives réserves quant aux reports de circulation, à l’impossibilité pour les transports collectifs de faire face, aux conséquences en termes de pollution.

Cela n’empêche pas d’écrire avec aplomb dans le projet de délibération :

“Il ressort des avis exprimés par les partenaires et collectivités une orientation globalement favorable”.

On met en avant un sondage dans lequel 71 % des Parisiens approuveraient le projet, mais qui ne répondrait pas “oui” à la question simpliste : “Etes-vous favorable au réaménagement des berges ?”

Que signifie un tel sondage quand on sait que la majorité des Parisiens n’a pas de voiture, alors que les automobilistes qui empruntent ces voies sont, pour la plupart, des habitants de la Région parisienne ?

Pour ce qui est du 15e arrondissement, suite à nos interventions en juillet, voilà que des aménagements complémentaires seraient ajoutés au projet.

En fait, il s’agirait d’inclure des aménagements qui sont déjà et par ailleurs plus qu’initiés et qui ont fait l’objet depuis des années de maintes réunions en mairies, organisées par Philippe GOUJON et par Claire de CLERMONT-TONNERRE avec le Port de Paris et avec les exploitants, aménagements qui font l’objet du vœu que nous vous présentons.

On nous reparle de la piscine, déjà promise d’année en année, maintenant présentée comme un cadeau et, suprême faveur, de l’entretien de l’Ile aux Cygnes qui, vu son état, est à faire de toute façon.

En revanche, concernant les conséquences des reports de trafic avec le périphérique sud déjà saturé, bloqué en période de salons, c’est tout le Sud de notre arrondissement, je pense notamment à la rue de la Convention, qui connaîtra l’embolie.

En ce qui concerne le projet lui-même, Jean-Pierre LECOQ l’a rappelé, nous ne sommes pas, bien au contraire, opposés à l’idée d’un réaménagement à terme des berges de la Seine.

Sa réalisation devrait être accompagnée, précédée même, par une offre de transports en commun, sans mesure avec ce qu’elle est aujourd’hui, intégrant pourquoi pas des bateaux dédiés au transport des touristes, qui remplaceraient les autocars pour desservir les sites en bordure de Seine.

Voilà qui aurait plus de sens que des vœux incantatoires destinés à ranimer un Voguéo encalminé qui restera un échec tant que l’on persistera à vouloir en faire un RER bis.

Je conclus : nous voterons contre ce projet parce que, faute de prendre le temps d’une réflexion globale, il se limite, Monsieur le Maire, sous prétexte de pseudo modernisme et de plaisir citadin, à une énumération de gadgets dignes d’une fête au village, version 1950.

 
Intervention de Michèle Blumenthal au Conseil de Paris (Séance du 8 février 2011)
L’aménagement des berges de Seine est une attente ancienne des habitants du 12e, renforcée par l’ouverture de la passerelle Simone-de-Beauvoir.

Depuis 2006, celle-ci enjambe la Seine de l’esplanade de la Bibliothèque nationale au jardin de Bercy, créant ainsi du lien entre le 13e et le 12e arrondissement.

Cette passerelle répond à la nécessite de donner à la Seine un rôle central urbain, en continuité avec les quais. De ce fait, elle est devenue un lieu de vie, d’animation où les Parisiens ont plaisir à se retrouver.

Dans le 12e arrondissement, la Seine est à la fois proche et lointaine de ses habitants, avec des quais difficilement accessibles et peu aménagés.

Pour autant, l’attente est grande, c’est d’ailleurs en ce sens que de nombreux habitants se sont exprimés le 4 octobre dernier lors de la présentation de l’aménagement des berges de Seine par Anne HIDALGO.

Je me réjouis donc de constater qu’à l’issue de cette phase de concertation, le projet d’aménagement des berges de Seine a été étendu à de nouveaux arrondissements dont le 12e.

C’est pourquoi nous soutenons largement les orientations que vous proposez, Monsieur le Maire, afin que soit améliorées la continuité, la sécurité et la convivialité des promenades piétonnes sur les berges.

Le prolongement de la promenade piétonne depuis le port de l’Hôtel de Ville jusqu’au bassin de l’Arsenal par une liaison pardessus l’écluse, sous forme de ponton, entre le port de la Rapée et celui de l’Arsenal paraît ainsi primordiale. Elle permet de relier les 4e et 12e arrondissements.

L’aménagement constituera également l’amorce d’un cheminement animé et familial vers le port de Bercy et au-delà s’inscrit ainsi pleinement dans la dynamique du projet Bercy-Charenton.

Ces propositions confirment d’ores et déjà notre volonté de transformer ces espaces, de les embellir, d’en réinventer les activités afin de permettre aux Parisiennes et aux Parisiens de se les réapproprier.

Ce projet concrétise un engagement fort de cette mandature, et marquera plus que notre ville. Elaboré en lien avec les communes limitrophes, je suis convaincue qu’il jouera un rôle fédérateur pour l’agglomération parisienne.

Paysage exceptionnel, berceau historique de notre Ville, les berges de Seine ne peuvent se limiter au simple rôle de site touristique, pour ceux qui voient Paris du fleuve, ou d’autoroute urbaine avec son cortège de nuisances pour ses riverains, comme c’est actuellement le cas.

Pensé autour du partage des espaces publics, de la mixité des populations, des fonctions et usages, ce réaménagement est emblématique de notre vision de Paris de demain.

À cette étape, je veux souligner la concertation préalable dont le projet a fait l’objet, son niveau d’exigence est récompensé par la pertinence, la qualité et la richesse du bilan que nous votons aujourd’hui.

À cet égard, comment ne pas citer le travail fourni par les deux conseils de quartier riverains de la Seine dans le 12e arrondissement ? Armés de carnets, de crayons, d’appareils photos, ils ont effectué des marches exploratoires, analysant les coupures urbaines, les difficultés d’accès aux berges pour proposer des pistes de réalisation qui permettraient de rompre l’actuelle autoroute urbaine.

Leur contribution présentée en annexe de la délibération démontre par son esprit de synthèse, sa qualité et sa rigueur, la vitalité de la démocratie locale, la pertinence de notre volonté d’associer durablement les citoyens aux évolutions de Paris et de sa métropole.

De plus, la concertation a fait la place aux enfants, que ce soit dans le cadre des centres de loisirs ou dans celui des ateliers Ville, comme celui auquel j’ai participé ce lundi à l’école de la rue Marsoulan.

Les élèves de CM2, après une visite sur site, ont décidé des aménagements qu’ils souhaitaient, alliant activités économiques et ludiques, dans un souci du respect de l’intérêt général.

La concertation confirme les orientations que nous avions nous-mêmes présentées pour ce projet, elle les a aussi enrichies grâce à la créativité des acteurs et à leur volonté d’action.

Rendre ces espaces aux piétons, diversifier les usages du fleuve, organiser une offre autour du thème du sport, de la culture et de la nature, tels sont nos objectifs.

Pour les atteindre, nous choisissons d’engager dès cette année des aménagements légers, rompant toujours un peu plus avec les pratiques urbanistiques de ces dernières décennies.

Aménager les berges de Seine ne signifie pas sacrifier les activités économiques aux améliorations du quotidien des habitants. Les deux peuvent être traités sans pour autant s’opposer, les usages doivent et peuvent être conciliés.

Vous assurant à nouveau de l’engagement du 12e dans la réussite de ce beau projet, je nous souhaite à tous de persévérer.

 
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