| Intervention de Alexis Corbière au Conseil de Paris (Séance du 8 février 2011) |
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Merci.
Mon intervention, bien sûr, s’inscrit dans la continuité de ce que disait tout à l’heure mon ami le président de mon groupe Ian BROSSAT. Nous soutenons ce projet. Il était inscrit dans les grands projets de la mandature. Il y a donc eu un choix démocratique qui a été fait, il reste maintenant à aller vers sa réalisation, et je dois avouer avant d’en dire un peu plus sur ce que nous comptons associer et rajouter à ce projet général, ma surprise d’entendre certains arguments de la part de nos collègues de l’opposition. Certains vantent les mérites de la concertation citoyenne, mais pourquoi ne le font-ils pas sur des sujets touchant l’ensemble des Français ? Je pense notamment à la retraite, où pour ma part, je continue à demander un référendum. La retraite à 60 ans, elle, n’avait pas été annoncée par le Président de la République lors de l’élection présidentielle. De plus, lorsque Mme DATI nous vante les mérites de la concertation qu’elle aurait faite, je rappelle qu’elle n’est peut-être pas totalement experte en concertation et que le mouvement actuellement en cours dans les tribunaux de justice est aussi la conséquence, pas seulement des propos du président de la République, mais de son manque de tact et de doigté quand il s’agit de concerter, et la façon dont elle a fermé de nombreux tribunaux démontre que sur ce sujet, elle n’a peut-être pas de leçons à donner ! De plus, pour en rajouter, puisque vous réagissez positivement à mes propos, j’affirme ici que vos réunions du 7e n’étaient pas réellement des réunions de concertation publique, mais plutôt parfois des réunions d’affolement public. Oui, je le dis, certains arguments qui ont été avancés, non pas par vous, Madame DATI, mais qui se sont dits parfois au cours de ces réunions, n’étaient pas le visage du Paris que nous souhaitons mais plutôt un affolement généralisé au motif que ce projet aurait pour conséquence que la jeunesse de banlieue viendrait notamment dans le 7e arrondissement. Eh ! Oui, les raisons de certains résultats ne sont pas toujours très dignes. Alors, revenons à l’essentiel. Ce projet a pour ambition la reconquête des voies sur berges. Reste à savoir, cette reconquête au profit de qui ? Des choses ont été dites. Nous voulons moins de voitures, nous le voulons parce que c’est une exigence écologique. Mais qui va profiter de cette reconquête ? C’est la question que nous posons, sur laquelle nous serons particulièrement exigeants en tant que groupe. C’est aux citoyens et aux Parisiens d’en profiter et non pas aux marchands. Si de nouveaux espaces sont libérés, ce n’est pas pour faire toujours plus de profits, aller toujours plus vers une société de consommation et transformer Paris en un gigantesque supermarché dans lequel des gens viendraient pour consommer, consommer sans cesse… Premièrement, parce que c’est une vue de l’esprit, et cela ne crée pas de l’emploi de créer des zones plus importantes de consommation et deuxièmement, parce que ce n’est pas cela qu’attendent aujourd’hui nos concitoyens. Nous voulons que sur ces voies de berges libérées, il y ait de la culture, il y ait des possibilités, notamment à travers des expériences d’économie sociale et solidaire, d’autres choses que de simples lieux de consommation. Nous serons vigilants à ce qu’il en soit ainsi. C’est un enjeu majeur pour faire de Paris une ville véritablement moderne à l’aube du XXIe siècle. Ce n’est pas gagné ! Nous le disons franchement, et nous serons, je le répète, attachés à ce qu’il y ait des services publics parisiens, car seul le service public est garant de l’égalité entre les citoyens ! Le reste ne fait qu’aller vers toujours plus d’inégalités : ceux qui ont les moyens de consommer pourront profiter de ces voies de berges, et les autres ne le pourraient pas, ce n’est pas le projet que nous soutenons ! Nous savons que de ce point de vue, nous partageons les grandes lignes de nos orientations, Monsieur le Maire. Nous avons souvent vu que c’est ce qui remonte des concertations, et je pense notamment à ce qui a été dit dans le 12e arrondissement : ce sont des lieux de culture et de rencontre, et j’insiste, pas des lieux de marchandisation et de consommation qui doivent se mettre en place. Sur ces mots, ce sujet est une belle démonstration que l’exigence écologique ne peut être portée que par la puissance publique, la Ville seule ou en concertation avec l’État et la Préfecture. C’est ce nous appelons au Parti de gauche, et avec nos amis du Parti communiste, la nécessaire planification écologique que seule, j’insiste, la puissance publique peut porter pour faire reculer les intérêts privés qui sont contraires aux intérêts généraux. Un dernier mot sur le vœu que nous avons présenté. Il y a actuellement, bien souvent sur les voies de berges, toute une série de nos concitoyens les plus frappés par la crise, que certains appellent parfois les sans domicile fixe, toute une série de nos concitoyens qui sont réduits à y habiter dans des logements précaires. Il ne s’agirait pas que ce projet ait pour seule conséquence de les chasser. Je conclus en invitant notamment à lire le vœu que nous présentons : nous reviendrons là-dessus tout à l’heure. Nous souhaitons que ce projet aille de pair avec des permanences sociales et sanitaires pour qu’il soit porteur de nos valeurs d’égalité. Merci.
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