| Intervention de Gérard d’Aboville au Conseil de Paris (Séance du 8 février 2011) |
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Merci, Monsieur le Maire.
Des moyens considérables ont été déployés pour cette concertation et, comme il a été dit, 2.284 contributions, cela fait à peine un Parisien sur 1.000 et moins de deux habitants sur 10.000 de l’agglomération parisienne, par rapport à l’objectif déclaré de faire s’exprimer l’ensemble des Parisiens, de recueillir l’avis et les propositions des métropolitains. Vous criez victoire, j’appelle cela un fiasco. Quant au bilan de cette concertation, il est parfaitement tendancieux. Le poids accordé aux réponses est sans mesure avec leur importance relative. De nombreuses contributions émettent les plus vives réserves quant aux reports de circulation, à l’impossibilité pour les transports collectifs de faire face, aux conséquences en termes de pollution. Cela n’empêche pas d’écrire avec aplomb dans le projet de délibération : “Il ressort des avis exprimés par les partenaires et collectivités une orientation globalement favorable”. On met en avant un sondage dans lequel 71 % des Parisiens approuveraient le projet, mais qui ne répondrait pas “oui” à la question simpliste : “Etes-vous favorable au réaménagement des berges ?” Que signifie un tel sondage quand on sait que la majorité des Parisiens n’a pas de voiture, alors que les automobilistes qui empruntent ces voies sont, pour la plupart, des habitants de la Région parisienne ? Pour ce qui est du 15e arrondissement, suite à nos interventions en juillet, voilà que des aménagements complémentaires seraient ajoutés au projet. En fait, il s’agirait d’inclure des aménagements qui sont déjà et par ailleurs plus qu’initiés et qui ont fait l’objet depuis des années de maintes réunions en mairies, organisées par Philippe GOUJON et par Claire de CLERMONT-TONNERRE avec le Port de Paris et avec les exploitants, aménagements qui font l’objet du vœu que nous vous présentons. On nous reparle de la piscine, déjà promise d’année en année, maintenant présentée comme un cadeau et, suprême faveur, de l’entretien de l’Ile aux Cygnes qui, vu son état, est à faire de toute façon. En revanche, concernant les conséquences des reports de trafic avec le périphérique sud déjà saturé, bloqué en période de salons, c’est tout le Sud de notre arrondissement, je pense notamment à la rue de la Convention, qui connaîtra l’embolie. En ce qui concerne le projet lui-même, Jean-Pierre LECOQ l’a rappelé, nous ne sommes pas, bien au contraire, opposés à l’idée d’un réaménagement à terme des berges de la Seine. Sa réalisation devrait être accompagnée, précédée même, par une offre de transports en commun, sans mesure avec ce qu’elle est aujourd’hui, intégrant pourquoi pas des bateaux dédiés au transport des touristes, qui remplaceraient les autocars pour desservir les sites en bordure de Seine. Voilà qui aurait plus de sens que des vœux incantatoires destinés à ranimer un Voguéo encalminé qui restera un échec tant que l’on persistera à vouloir en faire un RER bis. Je conclus : nous voterons contre ce projet parce que, faute de prendre le temps d’une réflexion globale, il se limite, Monsieur le Maire, sous prétexte de pseudo modernisme et de plaisir citadin, à une énumération de gadgets dignes d’une fête au village, version 1950.
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