| Intervention de Jérôme Coumet au Conseil de Paris (Séance du 8 février 2011) |
|
Merci, Monsieur le Maire. M. d’ABOVILLE est tellement fort qu’il arrive même à ramer à contre-courant. Je souhaite me réjouir d’une telle distance entre l’Opposition municipale et l’opinion des Parisiens. C’est vrai que, pour le membre de la Majorité que je suis, cela m’est agréable. Mais il y a tout de même un élément nouveau. Ce qui est le plus étonnant, c’est la distance qui est en train de se créer entre les élus U.M.P. (ou plus largement de l’Opposition municipale) et leurs propres collègues d’Ile-de-France, eux-mêmes U.M.P. M. TRÉMÈGE s’étonne d’un travail itératif, mais il n’en a pas écouté les conclusions. Lors de la grande réunion organisée à l’Institut de la Mode et du Design, j’ai été étonné de voir des nombreux élus franciliens et notamment des communes limitrophes venir exprimer leur solidarité avec la Ville de Paris, leur intérêt pour cette démarche, que certains entament également dans leur commune et venir dire qu’ils trouvaient cette action légitime et souvent qu’ils l’approuvaient. Ces élus représentaient tout l’échiquier politique des communes d’Ile-de-France. Chers collègues de l’U.M.P., vous avez trouvé un seul véritable soutien dans cette opposition d’arrière-garde, finalement très réactionnaire, c’est le Conseil général des Hauts-de-Seine. Je livre cette remarque à votre sagacité. Revenons à cette concertation sur les berges de Seine. Il y a eu une deuxième surprise. Comme dans toutes les concertations, nous avons entendu des critiques, des préventions, des oppositions et, de manière plus générale, des questions somme toute bien légitimes. Mais, je crois que c’est une première, nous sortons de cette concertation avec une adhésion plus forte des Parisiens et un projet plus ambitieux qu’au début. Oui, cela me semble une première. Mais cela ne m’étonne guère, finalement. Je sais qu’il n’y a pas de plus belle perspective que de reconquérir l’accès à l’eau, l’accès à la mer ou au fleuve. Au fil du temps - je n’oserais dire au fil de l’eau - cet accès a été rogné par des installations industrielles, car l’eau était le moyen souvent mobilisé pour les transports lourds. Ce mouvement de reconquête, nous le retrouvons dans bien d’autres villes. Regardez Barcelone qui a reconquis son front de mer, Lyon ou Bordeaux qui réaménagent leurs quais. Il s’agit là aussi de réussites remarquables ! Dans le 13e arrondissement, nous avons un quartier de la Gare. Ce n’est pas en référence à la gare d’Austerlitz, comme on le croit souvent, mais à une gare d’eau, à un port. Le 13e arrondissement, au fur et à mesure des installations industrielles et de l’arrivée de la gare de chemin fer cette fois-ci, fut coupé de la Seine. Je peux témoigner, en tant que maire d’arrondissement, de l’enthousiasme des habitants du 13e à l’idée de pouvoir à nouveau regagner le fleuve, de pouvoir se promener sur les berges, de pouvoir rejoindre le parc de Bercy par la passerelle Simone de Beauvoir. Et pour les publics jeunes, c’est bénéficier des animations des péniches culture ou se baigner dans la piscine sur Seine. C’est sans doute la force de ces exemples qui a conduit à élargir la réflexion, à renforcer les interventions dans les 4e, 12e, 13e et 15e arrondissements, et décider notamment - c’est une proposition que je portais - d’engager au plus vite des aménagements au niveau du quai d’Austerlitz, pour permettre la constitution d’un véritable linéaire entre Jussieu, le Jardin des Sculptures du 5e, l’Institut de la Mode et du Design, le port de Tolbiac avec ses animations et la piscine sur Seine. Bientôt le lien entre 5e et Ivry pourra être réalisé. Bien des lieux de promenade, d’animation, de sorties familiales s’ouvriront aux Parisiens. “Paris Plage” ne sera pas que l’été et, Monsieur le Maire, je vous en remercie.
|