Fermeture des voies sur berges de la Seine à Paris

Un projet métropolitain
La Seine est un élément structurant de notre métropole dans ses différentes fonctions : écologique, économique, touristique, paysagère et patrimoniale. Elle est également un axe de transport important et un support de renouvellement urbain sur ses berges. Le projet d’aménagement des berges s’incrit dans une approche et une dynamique métropolitaine : c’est pourquoi la Ville de Paris a voulu une concertation métropolitaine, plus large que celle prévue par le code de l’urbanisme.

De plus, dès le mois de mai dernier, Bertrand Delanoë a souhaité faire ce projet l’initiative parisienne présentée dans le cadre de l’Appel à initiative de Paris Métropole. Le projet fait donc l’objet d’échanges entre les 174 collectivités membres de Paris Métropole.

La consultation des collectivités franciliennes a donné lieu à un travail intense avec, comme premier objectif, de partager les informations et d’engager un échange sur les objectifs. Après une série de rencontres politiques et techniques, 11 collectivités et associations de collectivités ont été officiellement saisies et une réunion publique métropolitaine a été organisée le 30 novembre dernier, au terme de la période de concertation. La qualité de cette démarche, son caractère novateur et son ampleur a été soulignée par tous. Ainsi, Jacques Gautier (maire de Garches, président de l’association des maires des Hauts de Seine) a salué la « volonté de nous informer et même de nous voir réagir en amont de vos décisions » et Vincent Eblé (président du Conseil général du Val de Marne) souligne une « démarche révélatrice d’une évolution remarquable des relations entre Paris et les autres collectivités ».

Cette concertation a permis d’aborder les enjeux de mobilité au sein de la métropole et d’entreprendre une réflexion commune. Les avis reçus ont unanimement insisté sur les opportunités offertes par le projet en terme d’activités, d’usages et de modes de déplacement nouveaux à tous les habitants de la métropole. Par exemple, le département de Seine-et-Marne y voit une opportunité pour fréquenter de nouveaux espaces de promenade, de pratiques culturelles, sportives ou de détente, mais également une occasion de poursuivre les réflexions autour de la création d’un transport en commun sur l’A4, ou sur le fret urbain.

Certaines collectivités ont exprimé leur préoccupation vis-à-vis de l’impact sur le trafic routier. Ainsi le département des Hauts-de-Seine a ainsi rendu un avis défavorable, regrettant que les études d’impact en terme de circulation n’aient pas été poussées jusqu’en 2020, pour prendre en compte le projet de celui de la transformation de la VRGS en 2 fois 2 voies et de la réalisation de différentes ZAC dans les communes riveraines. Les services de la Ville de Paris ont donc transmis toutes les données et prêteront bien entendu leur concours pour réaliser ces études spécifiques afin de prendre en compte les projets des Hauts-de-Seine. Plus largement, les services de la Ville se sont mobilisés pour répondre aux demandes complémentaires formulées par les collectivités de la métropole.

L’association des Maires des Hauts-de-Seine a émis un avis positif, invitant notamment à construire ensemble un projet « capable de prendre en compte (...) les impératifs de circulation, d’animation et de développement durable au cœur de l’agglomération ». Concernant la rive droite, elle a pris acte de ce que les impacts dans les Hauts-de-Seine ne seront pas significatifs, compte tenu du maintien des deux files de circulation. Concernant la rive gauche, l’association note le risque de ralentissement du quai Anatole France et fait deux suggestions : ne fermer la circulation qu’en aval du pont de la Concorde ou supprimer le couloir de bus du quai haut pour élargir la voie dédiée à la circulation générale. Ces deux voies ne me semblent toutefois pas souhaitables. La première enlève une grande partie du projet de reconquête et notamment les aménagements imaginés devant le Musée d’Orsay ; la seconde est très préjudiciable au trafic des bus qui empruntent ce couloir. Prenant en compte cette préoccupation, la Ville a proposé une troisième solution à la Préfecture de Police, consistant à élargir à trois files le quai haut Anatole France avant le pont de la Concorde, tout en conservant le couloir de bus et la voie cyclable. Enfin l’association a rappelé son souhait de création d’une ligne fluviale de transport de voyageurs jusqu’à Suresnes.

Le Conseil Général du Val-de-Marne a transmis un vœu de son Assemblée, souhaitant un approfondissement sur les questions de déplacements et la desserte en transports collectifs. Les communes de Charenton et de Saint-Maurice ont mis en valeur la légitimité de la démarche du point de vue de l’environnement et appellent à réfléchir ensemble au développement des transports en commun sur les mêmes axes.

Le Conseil Général de Seine-Saint-Denis a rendu un avis favorable au projet, tant sur la méthode de concertation à l’échelle de la métropole, que sur le fond, rappelant que « l’enjeu d’amélioration du cadre de vie lié à ce projet est d’échelle métropolitaine » et que ce projet y contribuera.

Paris Métropole a adopté son avis formel le 25 janvier 2011. Son président, Jacques JP. Martin, avait pu dès la réunion publique métropolitaine du 30 novembre, souligner que : « La légitimité de la ville de Paris pour envisager ce projet d’aménagement, qui a pour ambition la reconquête et l’embellissement du site est évidente. Mais il va également de soi que le statut particulier des lieux, support de circulation métropolitaine, ne peut être ignoré. (...) La concertation engagée par la ville et par l’équipe municipale est à ce titre à souligner, marquée par sa volonté de faire réagir les partenaires métropolitains en amont de la décision. Cette procédure est en soi révélatrice de l’évolution, depuis le début des années 2000, des relations entre la capitale et les territoires de la métropole, et des proches voisins ».

Le Président de la Région Île-de-France a aussi émis un avis favorable, et souhaite une intégration du projet dans un cadre plus large et notamment celui du PDUIF et du SDRIF, dont la philosophie est totalement cohérente avec la réduction de la circulation automobile et la valorisation des espaces bordant la Seine : « La mise en perspective de la transversalité de la Seine en tant que corridor écologique, axe de déplacement, support des activités économiques, de loisirs et de tourisme renforce son caractère structurant à l’échelle régionale. À plus court terme, le projet vise à offrir aux Parisiens et aux Franciliens un nouveau lieu de vie métropolitain ».

Il ressort des avis exprimés une orientation globalement favorable ainsi qu’une volonté de continuer le travail engagé entre Paris et ses partenaires pour mettre en œuvre des solutions alternatives et innovantes d’offres de transport en commun. Une majorité des collectivités souhaiterait la poursuite des échanges, dans le cadre des groupes de travail constitués à l’occasion de l’appel à initiatives de Paris Métropole. Ce travail devra également être mené conjointement avec le STIF, comme le souligne la Région.

Source : Dossier de presse de la mairie de Paris