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.png) Paris est née de la Seine : c’est, en quelque sorte sa « ligne de vie ».
C’est pourquoi, il y a plusieurs années déjà, j’ai eu la conviction que sur cet axe essentiel devait naître un projet dédié à la beauté et à l’âme de Paris. Cette intuition est même devenue un engagement que nous avons inscrit dans notre projet, lors de la campagne pour les élections municipales de 2008.
En effet, comment accepter que ce site exceptionnel demeure réduit à l’état d’autoroute urbaine ? Notre ambition est donc de transformer cet espace pour l’embellir et réinventer ses usages. Ce site est vaste et offre un potentiel extraordinaire. Cela s’adresse à tous les amoureux de Paris, à toutes les générations : car si notre ville appartient à tout le monde, les rives de son fleuve doivent être à la hauteur de cette invitation permanente et universelle.
Pendant dix mois, nous avons donc mené une réflexion très approfondie. Oui, la reconquête des voies sur berges est un rêve. Mais un rêve dont nous voulons qu’il se réalise dans les prochaines années. Ce qui implique d’abord beaucoup de pragmatisme dans la conception même du projet.
De ce point de vue, les deux rives — rive droite et rive gauche — ne présentent pas les mêmes caractéristiques, qu’il s’agisse du volume de trafic observé sur chacune d’entre elles ou de la capacité des quais hauts à supporter une circulation accrue. Partant de ce constat, nous avons donc veillé à les traiter distinctement : l’évolution que nous proposons repose sur des projections précises, évaluant de façon aussi rigoureuse que possible les reports de circulation prévisibles.
Concrètement, les quais bas, rive gauche, seront fermés à la circulation, de Solférino à l’Alma. C’est une proposition forte que nous assumons. Plus de deux kilomètres, du Musée d’Orsay jusqu’au pont de l’Alma, seront transformés, ce qui représente 4,5 hectares rendus aux usagers. Quant à la rive droite, dont la fermeture n’est pas envisageable à court terme, sauf à paralyser les flux vers l’est de Paris et le Val-de-Marne, nous y conserverons les deux files de circulation mais nous transformerons cette véritable autoroute en un boulevard parisien moderne et harmonieux : les voitures rouleront plus lentement, des feux rouges seront installés, les piétons et les circulations douces pourront investir ce site, réinséré dans son espace citadin.
Dans ce cadre reconfiguré, pourront être conçus des lieux et des moments où la ville sera vraiment « en communion » avec son fleuve : des usages inédits — culturels, créatifs, récréatifs et sportifs — des événements, des aménagements adaptés, des gradins descendant vers le fleuve, tout cela participant de cette dimension nouvelle. Nous faisons en outre le choix de la souplesse : après un ou deux ans d’usage, il sera toujours possible d’adapter certains de ces aménagements. Nous ne voulons pas figer les choses, nous souhaitons nous donner des marges de manœuvre et de créativité, en cohérence avec l’identité même de ce site.
Pour cela, l’esprit de concertation dominera les semaines à venir, avec les citoyens, mais aussi avec les élus du Conseil de Paris ainsi, bien entendu, que les maires d’arrondissement.
La mise en œuvre de ce projet implique également une synergie efficace avec l’État : les voies sur berges appartiennent au Port Autonome de Paris et les conditions de circulation y sont régies par la préfecture de police.
J’entends en outre privilégier une relation étroite avec les collectivités voisines, faisant écho à la dimension métropolitaine de ce projet : ainsi, le dialogue est lancé avec les conseils généraux du Val-de-Marne, de Seine-et-Marne et des Hauts-de-Seine.
Ce chantier est considérable, ses perspectives stimulantes. Au cœur de l’enjeu, l’avenir de Paris, son visage, ses rythmes et ses pratiques. Oui, la transformation des voies sur berges entre en résonance avec une certaine conception de la ville du XXIème siècle. Car elle vise à mettre en harmonie des notions si longtemps délaissées : convivialité, diversité, créativité et esthétique. En remettant les citoyens au centre d’une telle entreprise, c’est cette ambition inédite qui demain, je le souhaite, trouvera son expression.
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