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Paris et la Seine : une longue histoire partagée
Paris est une des rares capitales qui se soit installée sur les deux rives de son fleuve dès son origine. Londres, Vienne, Budapest ou Rome naissent à côté de la Tamise, du Danube ou du Tibre.
Ainsi, les aménagements des berges de la Seine se sont succédés au rythme de l'évolution de la cité et accompagnent l'histoire parisienne.
À chaque époque, les principaux monuments parisiens et de très grands parcs embrassent la Seine : le Louvre et l'Institut de France, axés sur la passerelle des Arts: l'Assemblée nationale et le place de la Concorde reliées par le pont de la Concorde, l'hôtel des Invalides, le Grand et le Petit Palais, indissociables du Pont Alexandre III; le trio Palais de Chaillot — pont d'Iéna — tour Eiffel; le musée d'Orsay et la récente passerelle Léopold-Sédar-Senghor, le musée du Quai Branly… Sans oublier le jardin des plantes, les tuileries, et plus récemment le parc de Bercy et le parc André Citroën.
Au cours cette longue histoire qui continue chaque jour, la Seine est le fleuve nourricier, le fleuve actif, sur lequel on transporte, on circule, mais aussi le fleuve paysage. Premier port fluvial de France, la Seine en Île-de-France est également un corridor écologique d'intérêt national, le lieu privilégié des promeneurs, qu'ils soient parisiens ou d'ailleurs, et de plus en plus l'endroit où l'on se ressource, où l'on pique-nique, où l'on danse, où l'on pratique des activités physiques, en résumé, un lieu à l'image de la ville d'aujourd'hui.
Du Moyen Age au XVIe siècle « Le fleuve comme “marché ouvert” de la ville, les marchés à ciel ouvert, les activités artisanales, (…) la fin des ponts habités. »
La Seine est un lieu de vie dense et varié. Dans le centre, autour de l'île de la Cité, les habitations sont construites à l'aplomb du fleuve. Les berges, où sont installées les ponts, sont “en grève”, c'est-à-dire en pente naturelle. Les premiers quais apparaissent au début du XVIe siècle avec la construction par Philippe le Bel du quai des Grands-Augustins. Les ponts sont surmontés de maisons qui cachent le fleuve aux passants. Leurs arches étroites sont parfois occupées par des moulins.
On retrouve le long des berges et des quais une multitude d'activités comme si les berges étaient les départements d'un grand magasin où le consommateur trouvait en permanence le plus vaste assortiment d'articles et d'animations (matériaux de construction, denrées alimentaires, eau, établissements de bains, loisirs, laveries-blanchisseries…).
XVIIe et XVIIIe siècle Le fleuve dompté : la naissance des quais
La volonté d'embellir et d'assainir Paris provoque une mutation profonde des bords de Seine. La création en 1753 de la place Louis XV, actuelle place de la Concorde, s'accompagne de la réalisation de quais sur les deux rives. Les lettres patentes de 1769 ordonnent le dégagement des ponts et des abords de la Seine dans le centre. Les maisons construites à l'aplomb du fleuve sont alors démolies, malgré la résistance des habitants (celles du pont Saint-Michel ne sont arasées qu'entre 1807 et 1811). L'espace libéré sur les rives est réservé autour des îles à la création de quais hauts, tels qu'il en existait déjà ponctuellement, en amont et en aval. Des murs s'élèvent peu à peu le long des berges pour faire de la Seine un grand canal.
XIXe siècle : le triomphe des ponts
Ce siècle est marqué par la construction de très nombreux ponts qui améliorent la communication entre les deux rives. Chaque régime joue son rôle de bâtisseur, encouragé par l'urbanisation croissante et l'extension de la capitale. En 1870, 15 ponts ont été construits, soit plus que durant tous les siècles précédents. La navigation, très active, influe sur la physionomie du fleuve : les ponts ont désormais de longues arches, les quais bas sont aménagés pour faciliter le trafic fluvial et les chemins de halage se généralisent. La Seine est le site privilégié des Expositions internationales organisées de 1855 à 1900 à Paris. Le Grand Palais, le Palais de Chaillot ont été consctruits dans ce cadre.
XXe siècle : La logique automobile pour l'aménagement des berges et du fleuve des années 1930 aux années 1970
C'est l'heure des compromis entre des usages a priori contradictoires : la circulation et l'agrément. L'utilisation des bords de Seine pour la circulation routière se généralise avec la construction de voies sur berge. Celle de la rive droite a été réalisée entre 1961 et 1967, d'aval en amont. Celle de la rive gauche se limite à un court tronçon, de 2 km environ, du quai Anatole-France au quai Branly.
Le tournant des années 2000
À la suite de l'abandon du projet de voie rapide rive gauche en 1974, le regard porté sur l'espace fluvial parisien change. En 1991, le site de la Seine est classé au patrimoine mondial de l'Unesco du pont d'Iéna au pont de Sully. Cette évolution se traduit d'abord de 1978 à 2000, par un important programme de restauration et d'embellissement, suivi d'une ouverture progressive du site aux promeneurs par la diversification des usages sur les berges (amélioration du transport touristique fluvial, accueil sur les berges de bateaux concerts, création de Paris Plage en 2002, inauguration de la piscine Joséphine Baker en 2006, rénovation des Magasins Généraux d'Austerlitz [ndlr : création de la Cité de la mode et du design] par l'agence Jakob et Macfarlane…)
Les berges de la Seine au XXIe siècle
Annoncé par Bertrand Delanoë le 14 avril dernier, le réaménagement des voies sur berges a pour objectif de faire « évoluer les usages du côté de la beauté et du plaisir de vivre » en rendant progressivement ce site à des activités de loisir, des promenades au bord de l'eau et de nouvelles escales de transport de passagers. Le projet décliné sur les deux berges tient compte de leurs spécificités : transformer l'autoroute urbaine de la rive droite en un boulevard urbain; fermer la voie rapide de la rive fauche au trafic automobile sur les 2,3km de voies sur berges entre Solférino, au droit du musée d'Orsay, et le pont de l'Alma, au droit du musée des Arts Premiers. Cet espace reconquis de 4,5 hectares sur la rive gauche permettra la mise en place d'aménagements rapides à mettre en œuvre, et immédiatement accessibles aux habitants de la métropole, autour de trois thèmes : nature, sport et culture.
Sources : Apur et Paris.fr
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