| La Seine de Delanoë, un fleuve de caprices |
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Le maire de Paris vient d’annoncer un plan de reconquête des voies sur berges, une idée séduisante au premier abord, alors que les jours rallongent et invitent à la promenade. Une nouvelle preuve de son habilité politique. C’est en fait depuis des mois que, dans le secret de son cabinet, il préparait son « grand projet » : « Je souhaite que ce soit des lieux de vie, des lieux de plaisir », a-t-il annoncé, alors que Paris est sacrée « la ville la plus chère du monde », que le pouvoir d’achat des parisiens est grevé par l’augmentation des impôts locaux de plus de 20% et que leurs conditions de transport sont catastrophiques. Devant une crise économique sans précédent, telle est donc sa seule préoccupation ! C’est une décision symptomatique d’une politique peu soucieuse des réalités, qui se réfugie dans les méandres des rêves bucoliques et de la légèreté. Si Paris-plage fonctionne pendant l’été, faisons donc Paris-plage toute l’année ! Ce n’est pas à la hauteur des enjeux qui touchent une des grandes métropoles européennes. Et c’est bien à l’image de ce que l’on observe chez les socialistes : on se cantonne à la facilité, on agite des alibis « ludo-culturels », plutôt que de prendre le risque de faire des propositions responsables sur les grands sujets économiques ou les transports. Car, cette reconquête des voies sur berges, elle participe avant tout de la cuisine interne au sein d’une « gauche pas si solidaire », mais toujours doctrinaire. En habile tacticien, le maire entend couper l’herbe sous le pied des verts, qui de toutes façons poursuivront leur surenchère régressive. Tribune d'Édith Cuignache-Gallois, Conseillère de Paris (13e) (Nouveau Centre), Conseillère régionale d’Île-de-France
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