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La matinée du Conseil de Paris, cette matinée du mardi 6 juillet, était intégralement consacrée à l’étude du projet de réaménagement des voies sur berge que propose le Maire de Paris.
Ce débat, je le regrette, n’a pas été à la hauteur de l’enjeu que représente la reconquête de la Seine, fleuve historique et nourricier sur lequel s’est bâtie la ville et autour duquel devra se construire son avenir :
- À ma droite, l’UMP vociférante et dogmatique, faisant preuve de démesure outrancière sur l’analyse du projet et le résumant à une stricte politique anti-voiture ce qu’il n’est honnêtement pas ;
- À ma gauche, le PS et ses alliés faisant preuve d’une certitude sourde et d’un dogmatisme un peu borné et brutal dans son approche sur la circulation une fois les voies sur berges fermées…
Avec de tels protagonistes, le débat pouvait difficilement être particulièrement fécond. Et malheureusement, comme on pouvait le craindre, le Conseil de Paris a donné une image assez grotesque du débat public : cris des uns, invectives des autres, suspensions de séances dues au climat de tension, absence d’écoute réciproque…. Bref rien de très enthousiasmant pour les parisiens.
Concrètement quoi de neuf pour les voies sur Berge ?
La majorité municipale reste sûre de son fait, persuadée que la fermeture des voies rive-gauche n’aura que des conséquences mineures, ne répondant quasiment pas sur le report de trafic et les risques de congestion. Des réponses simples, claires et circonstanciées auraient pour le moins permis de ne plus suspecter la majorité d’être opaque sur le sujet par peur de dévoiler des prévisions hasardeuses sur l’asphyxie probable du centre de la capitale.
De son coté l’UMP, rejoint sur ce point par le préfet, estime que pour réduire la pollution à Paris, il suffit de faire confiance à l’industrie automobile. Un peu caricatural en somme.
De mon coté j’avais (comme vous l’aviez lu) souhaité avoir une approche constructive et ambitieuse sur le projet, en déposant vœux et amendements ayant vocation à améliorer le projet du Maire.
Finalement, au fil du débat, la majorité municipale a su être un peu ouverte et 2 des mes propositions ont été adoptées et votées par le Conseil de Paris (la seconde à l’unanimité) :
- Le cahier des charges intégrera l’obligation de construire le long de la Seine un itinéraire piéton et cyclable continu. C’est-à-dire une véritable coulée bleue, telle que nous la proposions pendant la campagne municipale
- L’ensemble des quais piétons préexistants (autour de l’Ile de la cité, du Port St Bernard, du Port de Montebello…) en dehors des tronçons concernés par le projet du maire, feront l’objet d’étude de réaménagement afin d’en améliorer le cadre et les équipements (revêtements, éclairage, végétalisation).
Mais sur les questions cruciales, le PS et les Verts sont restés butés et ont malheureusement refusé les vœux qui concernaient la création de parkings relais aux portes de Paris et une fermeture progressive plutôt que brutale des quais bas rive-gauche.
À noter parmi les autres vœux et amendements adoptés sur ce projet : un vœu des verts sur la densification des transports publics le long de la Seine, que j’ai soutenu puisqu’il reprenait partiellement l’une de nos propositions sur les offres alternatives.
Par ailleurs l’ensemble des groupes s’est prononcé en faveur d’une plus grande utilisation du fleuve pour le transport de marchandises et de personnes (notamment Vogueo). Un vœu dans ce sens également été adopté.
On regrettera cependant que par pure logique de « clan », le PS ait rejeté des amendements qui étaient pourtant frappés au coin du bon sens comme par exemple l’installation de capteurs permettant de mesurer le nombre de véhicules et la pollution induite par les futurs aménagements.
Reconnaissant la pertinence d’une approche ambitieuse de l’aménagement des voies sur berge autant que la nécessité d’un recul de la place de la voiture dans la Paris, mais ne partageant pas la méthode brutale et autoritaire du Maire à l’encontre d’une partie des parisiens, je me suis donc, à regret et faute de réponses satisfaisantes, abstenu sur ce projet.
Tribune de Jean-François Martin, Conseiller de Paris (14e) du Mouvement Démocrate
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