| Contribution du groupe UMPPA à l'enquête publique |
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Les élus du groupe UMPPA déplorent en premier lieu qu'un projet qualifié par la majorité municipale de majeur pour les Parisiens et les habitants de la métropole parisienne soit soumis à enquête publique durant cette période estivale. Bien que nous saluions votre décision de proroger de douze jours l'enquête, il eût été préférable de différer cette enquête aux mois de septembre et octobre. La réforme de l'enquête publique opérée par la loi du 12 juillet 2010 dite Grenelle 2 participe de « la construction d'une nouvelle économie (…) favorisant la mobilisation de la société par la médiation et la concertation ». À cet égard, il nous semble prioritaire que la procédure relative à l'aménagement des voies sur berges s'inscrive pleinement dans cet objectif. Or, force est de constater que le Conseil de Paris a déjà adopté des délibérations sur la mise en œuvre du projet (marchés d'animation, demandes d'autorisation d'urbanisme), préjugeant ainsi des conclusions que vous serez amené à formuler à l'issue de la présente enquête. Le projet de réaménagement aura de très sérieuses conséquences sur la circulation dans Paris et dans le cœur de la métropole. Les voies sur berges constituent en effet un axe structurant pour la métropole, près de 40 % du trafic relevant du transit. Elles pallient notamment l'insuffisance de transports en commun fiables et confortables le long de la Seine. Les prévisions de reports de circulation n'ont pourtant pas été affinées, en particulier pour la rive gauche. La fermeture totale de celle-ci à la circulation conduit à un report de 3.600 véhicules par heure dont seuls 2.400 pourront emprunter les quais hauts. Le pont de la Concorde risque la saturation dans la mesure où les flux pendulaires s'y croiseront : le flux en provenance de la rive droite se dirigeant vers le boulevard Saint-Germain et le flux de la rive gauche sur les quais hauts. La réduction de la largeur des files de circulation sur la rive droite accroît les risques d'accident pour les usagers des deux-roues motorisés et pose aussi des difficultés de report de circulation puisque la capacité des voies sera réduite de 25 %. Une circulation difficile n'a pas seulement des conséquences pour les automobilistes. Un tiers du réseau de bus parisien verra son temps de parcours allongé, rendant ce mode de déplacement beaucoup moins attractif. Les véhicules d'urgence pourraient ne pas pouvoir se déplacer aussi rapidement que nécessaire, faisant courir un risque supplémentaire aux victimes. Face au manque de précision des études d'impact sur la circulation parisienne et métropolitaine, il est indispensable de prévoir une réversibilité des installations et de dresser un bilan de circulation au bout de six mois. Le projet de réaménagement vise à faire du cœur de Paris un îlot de quiétude. L'apaisement des berges risque de n'être que relatif tant ce projet est générateur de nuisances. La saturation programmée des quais et des itinéraires de substitution engendrera de la pollution dont les valeurs sont déjà préoccupantes pour la santé des Parisiens. Elle conduira par ailleurs à les exposer davantage à un niveau de bruit élevé. La création de bars, discothèques et autres lieux de nuit poseront la question des nuisances pour les riverains, tant sur le plan du bruit que ceux de l'hygiène et de la sécurité. Le groupe UMPPA considère que le réaménagement des rives de la Seine ne saurait se résumer aux berges de l'hypercentre de Paris. Au contraire, les aménagements des berges non circulées dans les arrondissements périphériques devraient être prioritaires. Le débat public aurait gagné en crédibilité s'il avait été l'occasion de confronter les propositions issues d'un concours international d'architectes pour un réaménagement ambitieux des berges de Seine à l'échelle de la métropole. Ce projet tel qu'il est soumis à enquête publique est essentiellement ludique. En cela, il contribue à ce que d'aucuns qualifient de muséification de la capitale. En privilégiant les loisirs et en obérant le dynamisme économique par un engorgement des artères de Paris, ce projet ne correspond pas à l'ambition d'une ville-monde.
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